La récompense et la réaction de Trump
Navi Pillay, juriste sud-africaine de 85 ans et ancienne juge de la CPI, a été désignée lauréate du prix Nobel de la paix 2026 le vendredi 9 octobre. Le comité Nobel a salué ses efforts en faveur de la paix et du droit international, qui selon lui ont ouvert la voie à un ordre juridique mondial plus complet.
Donald Trump a critiqué cette décision lors d'un meeting à Syracuse, dans l'État de New York, le vendredi, ainsi que dans un message sur les réseaux sociaux. Il a qualifié les responsables de « idéologues radicaux » et d'« ennemis de la civilisation », et a déclaré que ce choix discréditerait définitivement le prix. Il a écrit qu'il ne savait rien de Navi Pillay.
Je ne connais rien de cette femme, et personne ne la connaît !
Trump a affirmé que les États-Unis, qu'il représente en tant que président, auraient dû recevoir le prix. Il a soutenu avoir réglé huit guerres et avoir bientôt réglé ou gagné deux autres conflits, en référence aux guerres en Iran et en Ukraine. Il a également qualifié le comité norvégien de corrompu.
Des sanctions contre la Cour
Quelques heures après l'attribution du prix, le gouvernement américain a annoncé des sanctions contre la Cour pénale internationale de La Haye, qu'il accuse d'agir de manière politisée et de cibler Israël. Des sanctions américaines antérieures visaient des juges et des membres du personnel, avec des chiffres variables selon les sources : 17 juges et responsables selon un rapport, et neuf des 18 juges de la Cour selon un autre. La nouvelle mesure vise la Cour elle-même en tant qu'institution.
- Navi Pillay désignée lauréate du prix Nobel de la paix 2026
- Les États-Unis annoncent des sanctions contre la Cour pénale internationale en tant qu'institution
- Pillay répond par vidéo au Centre Nobel de la paix à Oslo et qualifie les sanctions d'inacceptables
Le secrétaire d'État Marco Rubio a déclaré que les sanctions interdisent aux entreprises et organisations américaines d'effectuer des transactions avec la Cour, et qu'elles visent à défendre la souveraineté des États-Unis. L'administration a indiqué vouloir « réduire ses ressources et paralyser sa capacité de fonctionnement ». Certaines mesures ne prennent effet qu'après un délai de grâce de six mois, ce qui, selon Washington, laisse aux États membres le temps de négocier une solution aux préoccupations américaines.
La réponse de Pillay
Pillay a répondu samedi par vidéo lors d'un événement au Centre Nobel de la paix à Oslo. Elle a déclaré qu'il existait une grande tension et une vive inquiétude quant à l'avenir des juridictions internationales, en particulier la CPI, et que les sanctions constituaient l'aspect le plus grave de l'affaire.
Le plus important, c'est que des sanctions ont été annoncées par un pays contre des juges, simplement en raison des décisions judiciaires qu'ils rendent. C'est sans précédent, inacceptable.
La Cour a déclaré que ces mesures constituaient une attaque contre l'État de droit et contre les fondements de l'ordre juridique international. Le parcours de Pillay comprend son mandat de juge à la CPI, un poste de Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme et la présidence d'une commission d'enquête de l'ONU sur le territoire palestinien occupé et Israël. Le rapport de cette commission a conclu qu'il existait des motifs raisonnables de considérer qu'Israël commettait un génocide à Gaza.
Et maintenant
La CPI, basée à La Haye, a commencé à fonctionner en 2002 et enquête sur les crimes contre l'humanité, les crimes de guerre, le génocide et les crimes d'agression. Ses affaires concernent notamment le Darfour, Gaza, la République démocratique du Congo et l'Ukraine. Selon Tgcom24, 125 États en sont membres, dont l'Italie. La Cour ne dispose pas de pouvoirs de police et dépend des États membres pour faire appliquer ses décisions. L'Union européenne a également réagi aux sanctions, sans que les rapports disponibles ne détaillent sa position.
