Frappes sur Dhahran et Riyad

Les forces houthies ont affirmé mercredi 14 octobre avoir touché des installations d'Aramco et l'aéroport de Riyad, et promis de nouvelles attaques. Leur porte-parole militaire, Yahya Saree, a qualifié l'opération de haut niveau et déclaré que des frappes en profondeur sur le territoire saoudien se poursuivraient dans les prochains jours, visant les aéroports et les installations pétrolières.

Les forces armées yéménites ont mené une opération militaire de haut niveau contre Aramco à Dhahran, dans la province orientale, l'aéroport international King Khalid et la raffinerie Aramco de Riyad.

— Yahya Saree

Europa Press a rapporté que les houthis revendiquaient deux raffineries d'Aramco parmi leurs cibles. Le ministère saoudien de l'Énergie a toutefois indiqué qu'une attaque dans la nuit du lundi 12 au mardi 13 octobre avait touché un bâtiment administratif d'Aramco à Dhahran et provoqué un incendie limité, sans faire de blessés. Deux sources proches du dossier ont indiqué que le feu avait pris au neuvième étage de l'aile sud et s'était propagé entre le sixième et le dixième étage, endommageant gravement les trois étages supérieurs, où se trouve le bureau du directeur général d'Aramco, Amin Nasser. Aramco n'avait pas publié de communiqué, et certains employés ont été invités à travailler depuis leur domicile.

À Riyad, la coalition dirigée par l'Arabie saoudite a déclaré avoir intercepté et détruit un missile balistique tiré vers la ville, selon son porte-parole Turki al-Maliki, qui a publié l'annonce sur X. La protection civile saoudienne a indiqué que des débris de deux missiles de croisière interceptés avaient blessé quatre personnes et légèrement endommagé 15 bâtiments résidentiels. L'AFP a rapporté de fortes explosions au-dessus de la capitale, et des habitants ont reçu des alertes téléphoniques signalant une menace aérienne, levée quelques minutes plus tard. Al Maliki a également fait état de l'interception de sept missiles et de trois drones dans la nuit du mardi 13 au mercredi 14 octobre, notamment lors d'attaques contre Dammam et les régions de Riyad, Al Jarj et Sur.

Bilans civils contradictoires

Sari a déclaré dans un message sur les réseaux sociaux que l'aviation saoudienne avait mené 104 raids aériens et frappes de missiles contre des infrastructures civiles au cours des 24 heures précédentes, à Sanaa et dans les provinces de Dhamar, Taïz, Amran, Lahj, Al-Jawf, Marib, Sa'ada et Hodeïda. Il a précisé que ces frappes avaient été effectuées par des avions F-15 et Typhoon partis des bases aériennes de Khamis Mushayt et de Taïf, avec des tirs de missiles depuis Najran, et que le total des raids aériens et de missiles saoudiens depuis la dernière escalade atteignait 2 281. Ces chiffres proviennent uniquement du camp houthi. Les autorités houthies ont recensé au moins cinq civils tués dans des rapports publiés dans les premières heures du 14 octobre.

Opération de la coalition contre des sites pétroliers

La coalition dirigée par l'Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement yéménite internationalement reconnu, a annoncé une opération visant à neutraliser ce qu'elle appelle les capacités des houthis, accusant le groupe d'utiliser des installations civiles à des fins militaires. Al Maliki a cité la station centrale Al Sabaha à Sanaa, des réserves souterraines de carburant, des citernes de carburant et des terminaux de transport et de déchargement de carburant à Hodeïda, Sanaa et Damar. Il a affirmé que la coalition avait pris toutes les précautions possibles pour éviter des pertes civiles ou des dégâts. Sari a rejeté cette version, affirmant que l'installation d'Al Sabaha n'avait aucune valeur militaire, et averti que toute attaque contre Sanaa recevrait une réponse dure et douloureuse à Riyad.

Pression humanitaire et position de Moscou

Le Comité international de la Croix-Rouge a indiqué que les hôpitaux des zones de combat au Yémen recevaient plus de blessés de guerre que jamais, parfois plus de 700 par semaine. Le coordinateur santé du CICR, Feras Abusamra, a déclaré que le personnel d'urgence travaillait sous une pression énorme et que seule une petite partie des établissements en fonctionnement pouvait traiter les blessés graves, avec des pénuries de matériel chirurgical, d'anesthésiques, d'oxygène et de médicaments.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Georgy Borisenko, a déclaré à Interfax que Moscou avait informé des représentants houthis que les attaques contre des infrastructures civiles, y compris en Arabie saoudite, étaient inacceptables.

Nous avons informé des représentants du mouvement Ansar Allah que les attaques contre des infrastructures civiles sont inacceptables.

— Georgy Borisenko

Il a ajouté que la Russie n'avait reçu aucune demande spécifique de médiation, mais qu'elle était en contact avec ses partenaires saoudiens.

Contexte de l'escalade

Europa Press a rapporté que les houthis avaient lancé une offensive de grande ampleur dans l'ouest du Yémen le 3 septembre, et mené depuis des attaques de missiles et de drones contre l'Arabie saoudite, notamment contre plusieurs aéroports, en réponse au soutien de la coalition aux opérations gouvernementales. Les forces gouvernementales ont annoncé le 4 octobre une offensive de grande ampleur pour reprendre le territoire récemment conquis et avancer vers Sanaa, tenue par les rebelles depuis 2014. L'AP décrit les rebelles comme soutenus par l'Iran.

Chronologie de l'escalade, de septembre à octobre 2026
  1. Les houthis lancent une offensive de grande ampleur dans l'ouest du Yémen
  2. Les forces gouvernementales yéménites annoncent une offensive pour reprendre du territoire
  3. Une attaque nocturne provoque un incendie limité dans un bâtiment d'Aramco à Dhahran
  4. Explosions et alertes aux raids aériens signalées à Riyad