Ce qui a changé pour les forces ukrainiennes

Les forces ukrainiennes ont perdu la connexion sur certains terminaux Starlink dans la nuit, dès lors que des terminaux en mouvement dépassaient 160 km/h. La limite s'applique à Starshield, l'offre militaire du service utilisée par les forces armées ukrainiennes et d'autres agences de sécurité. Serhii Beskrestnov, conseiller de Volodymyr Zelenskyy, a confirmé la restriction. Il indique que SpaceX l'a fixée à 100 mph, soit environ 160 km/h.

Le moment diffère selon les sources. The Guardian situe la panne mardi soir, tandis que le militant Serhii Sternenko écrit que les restrictions sont entrées en vigueur mercredi matin. Sternenko, qui a conseillé le ministère ukrainien de la Défense jusqu'en juillet, affirme que plusieurs missions jugées critiques n'ont pas pu être menées.

La vitesse compte en raison de l'usage des terminaux. Des sources citées par Ukrainska Pravda indiquent que le Starlink Mini ordinaire monté sur des drones est plafonné à 160 km/h, de sorte que les vols de drones plus rapides nécessitent la version Starshield, que l'Ukraine utilise depuis 2024 selon les données publiques. Les terminaux installés sur des drones offrent une longue portée, une résistance à la guerre électronique et des données en temps réel pour un guidage précis.

Absence d'avertissement et missions perturbées

Beskrestnov affirme que les forces armées n'ont reçu aucun avertissement et que cela a entraîné l'échec d'un certain nombre de missions. Il juge le calendrier trop coïncident pour être fortuit et le relie à la situation politique actuelle.

Nos forces armées n'ont reçu aucun avertissement au sujet de ces restrictions et cela a entraîné l'échec d'un certain nombre de missions

— Serhii Beskrestnov

Une source au sein du 7e corps de réaction rapide, déployé sur le front sud-est, a confirmé que le service Starlink avait été perturbé. On ne connaît encore ni le nombre d'unités touchées ni la durée des coupures.

Chronologie des restrictions Starlink, 13-14 octobre 2026
  1. Une frappe de missiles balistiques russes endommage une centrale de chauffage et d'électricité à Kyiv
  2. Sternenko annonce l'entrée en vigueur des restrictions Starlink pour l'armée ukrainienne
  3. Beskrestnov confirme une limite de vitesse de 160 km/h sur l'offre Starshield

Washington a-t-il demandé la mesure

Sternenko suggère que SpaceX a pu agir à la demande de l'administration Trump. Les informations publiées à ce stade ne permettent pas d'établir si Washington a formulé une telle demande, et SpaceX n'avait pas commenté. Musk avait déjà coupé le service Starlink aux soldats ukrainiens lors d'une offensive qui avait permis de prendre une petite partie du territoire russe, selon The Guardian. Plus tôt cette année, après des discussions entre le ministère ukrainien de la Défense et Musk, Kyiv a bloqué des appareils Starlink utilisés par les forces russes.

Les médias rapportaient fin juillet que Zelenskyy avait demandé à Trump, lors d'une rencontre à Washington, de solliciter l'autorisation de Musk pour que l'Ukraine utilise Starlink dans des frappes contre des cibles en Russie. Aucune autorisation de ce type n'avait été accordée selon les derniers éléments rapportés. L'analyste Jimmy Rushton soutient que Starlink n'opère pas en Russie, de sorte que désactiver les terminaux ukrainiens ne protège pas les raffineries russes, tout en entravant les opérations ukrainiennes.

Missiles, renseignement et exigences sur les raffineries

La Russie a lancé des missiles balistiques contre l'Ukraine pour la deuxième nuit consécutive, rapporte The Guardian, sans avertissement préalable des États-Unis. Les Ukrainiens affirment depuis deux jours que le renseignement américain sur les lancements de missiles a cessé, ce qui gêne l'interception des missiles balistiques visant Kyiv par la défense aérienne. Zelenskyy a suggéré, sans le dire directement, que les États-Unis retenaient ce renseignement.

Une attaque dans la soirée du 13 octobre a endommagé une centrale de chauffage et d'électricité à Kyiv, l'une des plus grandes installations énergétiques de la ville. Trump a exigé que l'Ukraine cesse de frapper les raffineries de pétrole russes, qu'il tient pour responsables du coût élevé du diesel, bien que la plupart des analystes estiment que la fermeture du détroit d'Ormuz a eu un impact bien plus important sur les prix mondiaux de l'énergie. Le 9 octobre, Trump a déclaré avoir convenu avec Vladimir Poutine d'un accord portant sur 300 000 tonnes de diesel pour une livraison immédiate.