Les séismes et leur portée
Deux séismes puissants ont frappé le Panama vendredi 9 octobre. Le premier, de magnitude 7,7, s'est produit à 12h56 heure locale (17h56 GMT) à une profondeur de 10 km, selon l'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS). L'USGS situe l'épicentre à environ 10 km au sud-ouest de la localité isolée de Pitaloza Arriba, dans la province de Herrera, tandis que des médias hispanophones évoquent un point situé à 12 km de la ville côtière de Tonosí. L'Institut des géosciences de l'université du Panama a enregistré une magnitude de 7,5 à une profondeur de 4 km, à 39 km au nord-ouest de Tonosí. Un second séisme a atteint la magnitude 6,6.
Les secousses ont fait s'effondrer des bâtiments près de l'épicentre et provoqué des évacuations dans tout le pays. Les autorités ont signalé des dégâts dans les dix provinces du Panama et dans deux territoires autochtones. Tonosí, une ville de 9 000 habitants selon Le Parisien, a été coupée par voie terrestre, même si les autorités y sont parvenues par les airs. L'aéroport international de Tocumen a été temporairement fermé et plusieurs vols ont été déroutés par précaution, selon les autorités de l'aviation civile. Les autorités du canal de Panama ont indiqué que la voie d'eau fonctionnait normalement pendant que des équipes spécialisées inspectaient ses installations.
- Un séisme de magnitude 7,7 frappe à une profondeur de 10 km, selon l'USGS
- Un séisme de magnitude 6,6 suit le premier et fait s'effondrer des bâtiments près de l'épicentre
- Plus de 100 répliques enregistrées, jusqu'à la magnitude 5,8
- L'état d'urgence national est déclaré, avec jusqu'à 100 millions de dollars pour les réparations
Bilan humain et matériel
Malitzie Rivera, directrice adjointe du Système national de protection civile, a indiqué que 27 personnes avaient été signalées blessées, avec des blessures allant de légères à modérées. Les autorités n'ont attribué aucun décès aux séismes. Un premier décompte préliminaire communiqué à l'AFP par René García, chef du Centre des opérations d'urgence, faisait état d'au moins deux blessés après avoir été piégés dans des bâtiments effondrés à Veraguas.
L'agence de protection civile a recensé environ 420 habitations et à peu près autant d'écoles publiques endommagées, ainsi que sept hôtels, au moins 13 églises et neuf ponts. Des bilans gouvernementaux cités par Deutsche Welle et France 24 font état de 426 habitations inspectées, abritant 2 130 personnes, et de 419 centres éducatifs touchés. Les autorités n'ont signalé aucune personne disparue samedi, mais certaines communautés restaient coupées du monde en raison de glissements de terrain et de routes endommagées. À La Villa de Los Santos, une localité de l'époque coloniale située à environ 64 km au nord-est de l'épicentre, des habitations et une église catholique historique se sont effondrées.
La vie dans la rue
Les habitants de La Villa de Los Santos ont passé la nuit dehors en attendant les consignes du gouvernement sur la conduite à tenir. Tony Jiménez, dont la maison s'est partiellement effondrée, était assis avec des proches sous une tente et a décrit les dégâts.
Nous sommes ici depuis 13 heures hier ; nous n'avons pas bougé. C'était une chose terrible. Je peux vous dire avec une certitude absolue qu'en 90 ans, je n'avais jamais vécu quelque chose de tel. C'était intense, vraiment intense.
Le Monde rapporte que les Panaméens ont commencé à déblayer les débris samedi 10 octobre, tout en craignant de nouvelles répliques.
Déclaration d'urgence et financement
Le ministre de la Présidence, Juan Carlos Orillac, a annoncé l'état d'urgence lors d'une conférence de presse à Panama City, à l'issue d'un conseil des ministres extraordinaire. Le gouvernement a indiqué qu'il consacrerait jusqu'à 100 millions de dollars aux infrastructures endommagées. Le ministre des Finances, Felipe Chapman, a déclaré que le pays disposait des ressources nécessaires pour faire face aux dégâts et aux besoins les plus urgents, et que tout prêt serait à conditions concessionnelles. Il a remercié la Banque interaméricaine de développement, la banque de développement CAF, le Fonds monétaire international, la Banque centraméricaine d'intégration économique et les États-Unis pour avoir proposé des ressources non remboursables.
L'économie panaméenne ne va pas s'arrêter.
Le président José Raúl Mulino s'est rendu à Penonomé en fin d'après-midi, où il a décrit la situation en termes crus.
Nous faisons face à une grande catastrophe.
Répliques et suites
Plus de 100 répliques ont suivi les séismes principaux, dont certaines de magnitude 5,8, 5,5 et 5,2. Les habitants ont passé la nuit dans les parcs et les rues. La Commission européenne a indiqué qu'elle était disponible pour aider le Panama à surmonter les effets des séismes si le pays demandait une assistance internationale. La ministre de l'Éducation, Ventura Vega, doit annoncer quelles régions tiendront des cours lundi, Deutsche Welle rapportant que l'annonce interviendrait probablement dimanche. Les évaluations des dégâts se poursuivent à Herrera, Los Santos et Veraguas, les provinces les plus touchées et les plus proches de l'épicentre.
