Une condamnation à mort pour une publication sur les réseaux sociaux

Des organisations de défense des droits humains affirment que Najmeh Amini, une étudiante en comptabilité de 23 ans, a été condamnée à mort en Iran pour blasphème à cause d'une publication qu'elle a partagée sur les réseaux sociaux. Elle est détenue à la prison de Vakilabad, à Machhad, dans le nord-est du pays. Une source proche de sa famille a déclaré aux Human Rights Activists in Iran (HRAI), basés aux États-Unis, que le chef d'accusation passible de la peine capitale est le « sab ol-nabi », qui signifie insulte au prophète. Dans une seconde affaire, jugée séparément, elle a été condamnée à 12 ans, six mois et un jour de prison pour des chefs d'accusation incluant des actes contre la sécurité nationale et la diffusion de propagande contre les autorités.

Une arrestation pendant les manifestations de janvier

Les forces de sécurité ont arrêté Amini lors des manifestations nationales de janvier 2026, réprimées par la force létale. Des rapports font état de milliers de morts lors de cette répression. Hrana, une agence de presse liée à HRAI, indique que plus de 50 000 personnes ont été arrêtées pendant les troubles. La chronologie ci-dessous présente les dates clés de son dossier telles qu'elles apparaissent dans les articles.

Dates clés de l'affaire Najmeh Amini
  1. Arrêtée par les forces de sécurité lors des manifestations nationales
  2. Appel audio en faveur d'une intervention internationale diffusé depuis la prison
  3. Publication des informations sur la condamnation à mort

Son appel depuis la prison

En septembre, un enregistrement audio diffusé depuis la prison contenait l'appel d'Amini à une action internationale. Elle demandait à l'ONU, à des avocats et à des organisations de défense des droits humains d'enquêter sur son dossier. Dans cet enregistrement, elle déclarait :

Je ne veux pas me faire passer pour une héroïne aujourd'hui. Je ne veux qu'une chose : soyez ma voix.

— Najmeh Amini

Elle a aussi parlé de ses parents, qui, selon elle, restent éveillés chaque nuit, craignant de la perdre. Son appel présentait son cas comme celui d'une jeune femme ordinaire avec des projets et des espoirs, plutôt que comme une figure politique.

La défense et la voie de recours

Le journal iranien Khorasan, qui a confirmé la tenue de l'audience, rapporte qu'Amini a soutenu devant le tribunal avoir publié le message sous l'influence de champignons hallucinogènes qu'elle avait pris avec des amis. Sa défense a fait valoir que ses déclarations avaient été faites dans un état de trouble, sans intention d'insulter, mais le juge a rejeté cet argument. La condamnation à mort n'est pas définitive, car elle peut être contestée devant la Cour suprême iranienne. Tant que cette procédure n'est pas allée à son terme, la peine reste susceptible d'être contestée.

Une hausse générale des exécutions

Iran Human Rights (IHRNGO), basé à Oslo, indique que plus de 600 exécutions ont déjà été pratiquées en Iran cette année. Son directeur, Mahmood Amiry-Moghaddam, a qualifié l'affaire d'Amini d'avertissement sérieux. Les organisations de défense des droits humains soutiennent que les autorités recourent plus souvent à la peine de mort pour intimider la population et faire taire les critiques. Il a averti que cette affaire risque de banaliser la peine capitale pour une expression pacifique, et il estime que Téhéran teste la tolérance de la communauté internationale.

Si la communauté internationale ne réagit pas fermement maintenant, des affaires comme celle-ci pourraient devenir bien plus courantes.

— Mahmood Amiry-Moghaddam