Le refus
Giorgia Meloni a déclaré qu'elle ne signerait pas le Dpcm, le décret du président du Conseil nécessaire pour débloquer les augmentations de salaire des magistrats. Interrogée par téléphone par Adnkronos le 18 octobre, elle a refusé en termes directs et a exposé ses raisons. Des sources de Palazzo Chigi ont confirmé cette position à la presse l'après-midi même. Le décret devait débloquer les augmentations prévues par plusieurs décisions du Conseil d'État.
Elle a inscrit sa décision dans une logique de coût.
En conscience, je ne peux pas apposer ma signature sur un Dpcm qui allouerait près d'un milliard d'euros à des augmentations de salaire pour les magistrats.
Elle affirme que cette somme représente environ dix fois ce que le gouvernement recherche pour le secteur du transport routier, où le conflit pourrait interrompre les livraisons de marchandises dans toute l'Italie.
L'origine des augmentations
La rémunération des magistrats est actualisée tous les trois ans sur la base des augmentations accordées aux autres agents publics. Le recalcul utilise les paramètres de l'Istat et est ensuite adopté par un Dpcm. L'Associazione nazionale magistrati (ANM) et d'autres associations de magistrats ont contesté la méthode, et le TAR puis le Conseil d'État leur ont donné raison. Les recours du gouvernement, portés par l'Avvocatura dello Stato, ont eux aussi été rejetés.
L'argent derrière le litige
Le projet de budget 2027 (Dpb) crée un fonds exceptionnel pour les décisions de justice doté de 1,9 milliard d'euros, soit 0,08 % du PIB. L'essentiel de cette somme serait destiné aux ajustements de rémunération des magistrats, un lien rapporté dans les jours précédant la décision. Le coût total estimé du recalcul s'élève à 979 millions d'euros. Meloni compare avec le transport routier, qui a besoin d'au moins 100 millions d'euros. Des sources de Palazzo Chigi replacent ce choix dans les priorités, après son retour du Conseil européen de Bruxelles, consacré en grande partie aux prix des carburants et à l'inflation.
Le recalcul en chiffres
Le recalcul fait passer les augmentations de 4,85 % à 6,22 % pour 2018-2020 et de 6,69 % à 12,32 % pour 2021-2023. Le chiffre 2021-2023 est le plus élevé des deux révisions. Ces pourcentages alimentent l'estimation totale de 979 millions d'euros. Le gouvernement cherche désormais des fonds pour soutenir les familles et les entreprises touchées par le coût des carburants.
L'association des magistrats conteste les chiffres
L'ANM conteste les sommes en circulation et affirme ce qui suit.
Les montants réels sont bien inférieurs à ceux rapportés par les journaux.
L'association ajoute qu'il s'agit de composantes de rémunération dues en vertu de la loi que l'administration n'a pas versées pendant des années, de sorte que le montant final dépend de la durée des retards de paiement. Des sources de Palazzo Chigi indiquent que Meloni est prête à recevoir les représentants de l'ANM, se disant confiante que la plupart des magistrats comprennent la situation et les priorités actuelles.
La suite
Face à la perspective de la nomination d'un commissaire ad acta, Meloni a confirmé son refus de signer. Elle a déclaré que le Conseil d'État pourrait en nommer un s'il le juge opportun.
Si le Conseil d'État l'estime approprié, il peut nommer le commissaire. Chacun assumera ses propres responsabilités.
Le décret reste donc non signé, tandis que le gouvernement s'efforce de trouver des financements pour les mesures visant les catégories les plus touchées par le coût des carburants.