Arrestations à Jantar Mantar

Ashutosh Ranka et Saurav Das, dirigeants du Cockroach Janta Party (CJP), ont été arrêtés le mardi 13 octobre, après qu'une douzaine de personnes ont escaladé les barrières de police pour pénétrer à Jantar Mantar, un observatoire du centre de New Delhi. Le site servait de lieu de manifestation désigné de la capitale depuis plus de 30 ans, mais la police lui a retiré ce statut peu avant la manifestation. La police a accusé les deux hommes d'intrusion et de désobéissance à une ordonnance d'interdiction. Une publication sur les réseaux sociaux du fondateur du CJP, Abhijit Dipke, montrait le groupe agitant des drapeaux indiens au moment de franchir les barrières.

Cinq jours de détention judiciaire

Le parti et la police ont annoncé le 14 octobre qu'un tribunal avait ordonné le placement des deux hommes en détention judiciaire pour cinq jours. Leur avocat a déclaré aux journalistes qu'ils étaient détenus pour avoir enfreint une condition attachée à leur libération de la semaine précédente. La police a affirmé que les deux hommes avaient violé à plusieurs reprises les termes de cette libération et qu'il existait de sérieuses craintes qu'ils enfreignent à nouveau la loi et incitent d'autres personnes à faire de même s'ils obtenaient une libération sous caution. Selon le Guardian, les cinq jours doivent être purgés à la prison de Tihar, à Delhi. Un autre dirigeant du CJP, libéré sous caution personnelle, a déclaré que le parti ne se laisserait pas intimider par ces arrestations.

Principales étapes du bras de fer de Jantar Mantar, octobre 2026
  1. Le CJP appelle à une manifestation à Jantar Mantar ; la police refuse l'autorisation et déploie environ 30 000 agents
  2. Une douzaine de personnes, dont Ranka et Das, sont détenues après avoir escaladé les barrières de police
  3. Le parti et la police annoncent une ordonnance du tribunal prévoyant cinq jours de détention judiciaire pour Ranka et Das

Répression du week-end et interdiction de manifester

Le CJP avait appelé à une manifestation à Jantar Mantar le samedi 10 octobre pour exiger la démission du commissaire électoral Gyanesh Kumar. La police a refusé l'autorisation et déployé environ 30 000 policiers et membres des forces paramilitaires, avec des barricades bloquant le site. Selon le Guardian, plus de 7 000 personnes ont été détenues. Par la suite, la police a déclaré que les manifestations ne seraient plus autorisées à Jantar Mantar, une décision contre laquelle les dirigeants du CJP ont dit protester lorsqu'ils sont entrés sur le site. Avant son arrestation, Das s'était demandé sur les réseaux sociaux pourquoi Narendra Modi aurait peur d'un lieu de manifestation.

Pourquoi Narendra Modi a-t-il peur de Jantar Mantar ? Jantar Mantar appartient au peuple indien.

— Saurav Das
Opération de sécurité du week-end à Jantar Mantar (personnes)
Policiers et forces paramilitaires déployés30 000Personnes détenues (plus de)7 000

La controverse sur les listes électorales

Les manifestations sont liées à une révision nationale des listes électorales qui a supprimé plus de 130 millions de noms depuis le début du processus en 2025. La Commission électorale affirme que l'opération vise les doublons et les personnes non éligibles au vote, nie favoriser un parti et indique que les électeurs supprimés à tort peuvent se réinscrire. L'opposition soutient que cette révision pourrait priver des électeurs éligibles de leur vote au profit du BJP, le parti du Premier ministre Narendra Modi, une accusation que le BJP et la commission rejettent tous deux. Rahul Gandhi a condamné les arrestations comme un acte de lâcheté et écrit sur les réseaux sociaux que le site appartient au peuple.

Réaction du mouvement et contexte

La publication de Dipke mentionnait Modi et accusait le gouvernement central d'adopter une stratégie de lâcheté. Il a écrit :

On ne peut pas déclasser la résistance.

— Abhijit Dipke

Dipke a également déclaré que le CJP est un groupe de pression indépendant qui le restera, et que cela ne signifie pas qu'il s'oppose à l'alliance INDIA, les deux groupes souhaitant la démission de Kumar. Le mouvement est né d'une campagne satirique en ligne au cours de l'été, après que le président de la Cour suprême a comparé les jeunes chômeurs à des parasites. Ses manifestations ont aussi contraint le ministre de l'Éducation de Modi à démissionner en juillet.