Un incendie allumé à la fin d'une marche

Limoges, ville de 129 000 habitants du centre de la France, s'est réveillée dimanche avec son hôtel de ville ravagé. Le feu s'est déclaré samedi 17 octobre en fin d'après-midi, alors qu'une manifestation s'achevait. Les autorités locales affirment que le bâtiment a été incendié par un groupe d'individus masqués et chiffrent à 800 le nombre d'assaillants. Le maire Guillaume Guérin, membre des Républicains (centre droit), a décrit une foule de plusieurs centaines de personnes qui ont brisé des vitres et utilisé un bélier sur la porte principale. L'incendie s'est produit pendant une vague de troubles qui a gagné plusieurs villes françaises le même jour, autour de protestations contre le coût de la vie et en défense des services publics. Quelque 2 000 personnes ont été arrêtées dans tout le pays, et des émeutiers ont attaqué des bâtiments gouvernementaux et environ 1 500 commerces.

Incendie de l'hôtel de ville de Limoges, 17-18 octobre 2026
  1. Une manifestation se termine et un groupe d'individus masqués met le feu à l'hôtel de ville.
  2. Les flammes gagnent la toiture et la tour de l'horloge s'effondre, selon des témoins.
  3. Plus d'une centaine de personnes se rassemblent devant la ruine.
  4. Environ 7 000 personnes se rassemblent sur une place, selon l'estimation de la mairie, avant de marcher vers le bâtiment.

Les dégâts sur un bâtiment du XIXe siècle

L'hôtel de ville de style néo-Renaissance a été inauguré en 1883 et s'inspirait de l'hôtel de ville de Paris. Sa tour centrale de l'horloge et son clocher, qui s'élevaient à 43 mètres, se sont en partie effondrés pendant l'incendie. Le préfet Maurice Barate a indiqué que la toiture est tombée sur les étages inférieurs, épargnant seulement l'aile ouest, et que de larges parties de l'extérieur ont été détruites. Les autorités locales ont précisé que la partie ancienne a été presque entièrement détruite à l'intérieur, y compris les services de l'état civil. L'aile arrière moderne, qui abrite les bureaux administratifs, a été sauvée. M. Barate a qualifié la perte de désastre patrimonial.

Effectifs de police et responsabilités

M. Guérin, visiblement ébranlé, a raconté comment la police locale a été rapidement débordée par la foule. Il a qualifié l'attaque de préméditée et bien organisée. Il a estimé que trop peu d'agents étaient disponibles pour protéger le bâtiment, car des unités de la police nationale avaient été envoyées à la manifestation, et il a affirmé qu'aucun policier national ne gardait l'hôtel de ville. Il a aussi évoqué un pays en très mauvais état et s'est décrit comme un petit maire de province. Avant la marche de dimanche, M. Guérin a déclaré que des élus de tous les camps républicains y avaient participé, sauf ceux de La France insoumise, qu'il tient largement responsables du chaos.

Foules, comparaisons et réactions

Dimanche après-midi, plus d'une centaine de personnes se sont rassemblées devant la ruine, certaines en silence, d'autres photographiant la carcasse. Des témoins ont comparé la scène à l'effondrement de la flèche de Notre-Dame en 2019, tandis que d'autres ont rappelé l'incendie du Reichstag en 1933, qui a précédé l'arrivée au pouvoir des nazis. M. Guérin a réclamé un « plan Notre-Dame » pour restaurer l'hôtel de ville, mais les informations disponibles ne décrivent pas encore ce que ce plan impliquerait. Le soir, une foule de 7 000 personnes, selon l'estimation de la mairie, s'est rassemblée sur une place avant de marcher vers le bâtiment. Le vice-président américain JD Vance a utilisé des images de l'incendie dans un message dénonçant les progressistes occidentaux qui importeraient le tiers-monde en France et dans d'autres pays.