Dépôt des rapports de la défense à Pavie
Les avocats d'Andrea Sempio, 38 ans, unique suspect de la nouvelle enquête de Pavie sur le meurtre de Garlasco, ont remis leurs rapports d'experts au parquet de Pavie le 16 octobre. Angela Taccia et Liborio Cataliotti ont déposé ces documents deux jours avant l'échéance du 18 octobre, date à laquelle chaque partie peut produire de nouvelles analyses. Ces rapports répondent aux dernières conclusions de l'accusation, datées du 28 septembre, et AGI les présente comme l'ultime étape avant une probable demande de renvoi de Sempio devant le tribunal. À la sortie du palais de justice de Pavie, où elle avait déposé des fichiers vidéo et écouté de nouvelles interceptions, Me Taccia a qualifié une demande de procès d'« hypothèse très probable ».
Andrea Sempio ne peut pas rester sous enquête toute sa vie. Autant aller devant le tribunal et établir les faits une bonne fois pour toutes.
L'empreinte de chaussure
Les experts Armando Palmegiani et Giacomo De Angelis soutiennent que l'empreinte relevée sur le sol de la salle de bains correspond à une chaussure de pointure 40 et non 42. La pointure 42 est celle que porte Alberto Stasi, selon les rapports, tandis que Sempio affirme chausser du 44 et n'avoir donc pas pu laisser cette marque. Les experts ont utilisé un scan 3D et une superposition numérique de la « trace 6 » avec un prototype à l'échelle, et affirment que l'empreinte de la scène de crime correspond davantage à la pointure 40. Les rapports recensent 25 traces, ou groupes de traces, d'une semelle à crampons réparties sur le rez-de-chaussée. Ils ajoutent que le motif est générique et largement commercialisé, de sorte qu'il identifie un type de chaussure plutôt qu'une paire précise. Fanpage rapporte que la consultante de l'accusation, Cristina Cattaneo, juge elle aussi l'empreinte compatible avec le pied de Sempio, un point que la défense rejette.
Si le pied d'Andrea est incompatible avec l'empreinte du meurtrier, il s'ensuit que ce n'est pas lui.
La trace 33 et le test sanguin de 2007
Marina Baldi, Armando Palmegiani et Katia Sartori concluent à l'absence de sang dans la trace 33, la marque relevée sur un mur de cave de la villa. Ils estiment que le test OBTI négatif réalisé en 2007 était correct, en s'appuyant sur des essais pratiques menés sur des panneaux muraux avec des dilutions de sang calibrées. Un autre rapport porte sur une empreinte sur le mur de l'escalier révélée à la ninhydrine. Il signale une marque similaire sur la cinquième ou sixième marche ayant donné la même réaction, et soutient que de tels dépôts eccrines peuvent exister avant un crime. Open rapporte que les experts estiment que la réaction à la ninhydrine pourrait être due à de la sueur ordinaire. La défense se dit prête à faire trancher ce point lors d'une audience probatoire, ce que l'Italie appelle un incidente probatorio.
L'ADN sous les ongles
Carlo Previderè et Pierangela Grignani, les experts mandatés par la défense, écrivent que l'haplotype du chromosome Y identifie une lignée paternelle et non une personne. Ils ajoutent qu'aucune donnée n'indique comment ni quand le matériel a été déposé. Open rapporte que la défense ne voit qu'une correspondance partielle entre le profil et Sempio, et qu'elle pointe vers le profil génétique d'un autre homme jamais identifié.
Sanctions pour atteinte à la vie privée et suites
Le Garante per la Privacy a infligé des sanctions pour la publication de photos du corps de la victime, à la suite d'une plainte des parents de celle-ci, représentés par l'avocat Gianluigi Tizzoni, selon Open. Il Messaggero écrit que les rapports de la défense, qui visent à démontrer l'absence de Sempio sur les lieux, jettent aussi un doute sérieux sur la condamnation d'Alberto Stasi, la seule personne définitivement condamnée pour ce meurtre. La défense de Stasi prévoit de demander une révision du procès à Brescia. Me Taccia affirme qu'un procès permettrait d'établir les faits, Sempio ne pouvant rester indéfiniment sous enquête. La chronologie ci-dessous reprend les dates citées par les sources.
- Le parquet de Pavie publie ses dernières conclusions dans l'enquête
- Les rapports de la défense sont déposés au parquet de Pavie
- Échéance pour que toutes les parties produisent de nouvelles analyses