Les actions reculent sur les places européennes

Les marchés actions européens ont évolué en baisse le 8 octobre 2026, sous la pression de la hausse des prix de l'énergie et de tensions persistantes sur les marchés de la dette souveraine. À la mi-journée, l'indice paneuropéen Stoxx 600 cédait 0,9 %, avec des baisses généralisées à Milan, Madrid, Francfort et Paris. Les actions italiennes ont enregistré les pertes les plus marquées : le FTSE Mib perdait 1,4 % à la mi-journée et clôturait en baisse de 1,35 %. Les valeurs bancaires ont tiré la baisse sur le continent, l'indice EuroStoxx du secteur bancaire reculant de 1,8 %, tandis que les valeurs automobiles cédaient 1,8 % et les biens de luxe 1,6 %. À l'inverse, Londres et Amsterdam ont opéré un redressement tardif, le FTSE 100 gagnant 0,3 % et l'AEX amstellodamois 0,66 %, les rendements souverains s'étant détendus depuis leurs pics du matin.

Variations des marchés actions européens à la mi-journée le 8 octobre 2026 (%)
Milan-1,4Madrid-1,2Francfort-1,1Paris-0,9Stoxx 600-0,9Londres-0,5

Les coûts de l'énergie montent sur fond de tensions au Moyen-Orient

Les prix du pétrole brut et du gaz naturel ont progressé en séance après de nouvelles inquiétudes sur l'offre au Moyen-Orient. Les contrats à terme sur le Brent pour livraison en décembre ont gagné 5,3 % à 105,50 dollars le baril, tandis que le West Texas Intermediate pour livraison en novembre a pris 5,2 % à 92,80 dollars le baril. Cette progression fait suite à une nouvelle attaque contre un pétrolier dans le golfe Persique et à une reprise plus lente du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz. Des médias américains ont également rapporté que le président des États-Unis Donald Trump évalue des options concernant l'Iran avant les élections de mi-mandat de novembre. Les prix du gaz européen au hub d'Amsterdam ont frôlé les 80 euros le mégawattheure avant de s'établir à 79,20 euros le mégawattheure, renforçant les inquiétudes inflationnistes des banques centrales.

Pression sur les rendements obligataires souverains

Les marchés de la dette publique ont reflété une prudence accrue des investisseurs face à une inflation persistante et aux trajectoires budgétaires. Aux États-Unis, le rendement du Trésor à dix ans s'établissait à 5,28 %, son plus haut niveau depuis 2002, après des déclarations du gouverneur de la Réserve fédérale Christopher Waller selon lesquelles de nouvelles hausses de taux pourraient être nécessaires pour contenir les tensions sur les prix. En Europe, les rendements de référence à dix ans ont atteint leurs plus hauts du matin avant de réduire leurs gains en fin de séance. Le rendement de l'OAT française à dix ans s'échangeait à 4,89 %, celui du BTP italien à 4,62 % et celui du Bonos espagnol à 4,12 %. Le rendement du Bund allemand, référence européenne, a terminé à 3,49 %, laissant l'écart français à 139 points de base et l'écart italien à 116 points de base. Les analystes d'eToro ont pointé des préoccupations systémiques plus larges sur la dette européenne :

Si les ventes touchent simultanément les institutions françaises, allemandes, espagnoles et italiennes, cela signifie que les investisseurs regardent au-delà du seul risque français, en particulier dans une Europe où plusieurs pays affichent des dettes élevées et des marges de plus en plus réduites.

— eToro
Rendements des obligations souveraines à dix ans le 8 octobre 2026 (%)
Allemagne (Bund)3,49Espagne (Bono)4,12Italie (BTP)4,62France (OAT)4,89États-Unis (Treasury)5,28Royaume-Uni (Gilt)5,48

Surveillance budgétaire et évolutions bancaires italiennes

La vague de ventes sur la dette souveraine a coïncidé avec une attention accrue portée aux comptes publics français, les prévisions de la Commission européenne tablant sur un déficit budgétaire de 5,1 % du PIB en 2026 et de 5,7 % en 2027. La dette publique française devrait passer de 115,6 % du PIB en 2025 à 118,1 % en 2026, tandis que la présidentielle de 2027 ajoute une incertitude politique supplémentaire. En Italie, les valeurs financières ont subi des vents contraires domestiques en plus des pressions souveraines. Banca Monte dei Paschi di Siena a chuté après le refus de Crédit Agricole de soutenir une offre publique d'achat envisagée sur Banco BPM, portée par le directeur général Luigi Lovaglio. Le projet d'OPA doit faire l'objet d'un vote décisif des actionnaires de Monte dei Paschi le 29 octobre. Mediobanca a perdu 3,6 %, Unicredit 2,7 % et Stellantis 4,1 % à Milan, tandis que le producteur d'énergie Eni a gagné 2,1 %.