Un premier plafond sur les exportations chinoises de voitures hybrides
La Chine a accepté pour la première fois de limiter ses exportations de voitures hybrides vers l'UE, dans le cadre d'un accord conclu à Pékin dans la semaine du 5 octobre. La part de marché de la Chine dans les voitures hybrides est passée de 2 pour cent en 2024 à 25 pour cent, selon le Tages Anzeiger. Le nouvel arrangement fixe un quota annuel d'exportation qui réduit de moitié les expéditions précédentes et supprime plusieurs millions de véhicules d'ici 2031. Les importations sont initialement plafonnées à 350 000 véhicules par an. Le commissaire au commerce Maroš Šefčovič s'était entendu avec le ministre chinois du Commerce Wang Wentao, lors d'une réunion à Bruxelles fin juin, pour engager un dialogue commercial, et il a commencé par l'automobile car l'UE dispose encore d'un levier sur l'un des rares grands marchés ouverts aux constructeurs chinois.
- Šefčovič et Wang Wentao conviennent à Bruxelles d'engager un dialogue commercial
- Merz évoque un déficit commercial quotidien avec la Chine d'environ un milliard d'euros
- La Chine accepte à Pékin un quota annuel d'exportation sur les voitures hybrides
- L'Autriche signe sa déclaration Made in Europe à la Chancellerie
- Les dirigeants européens se réunissent à Bruxelles pour leur première réaction à l'accord sur les voitures hybrides
- Sommet Royaume-Uni-UE où le Premier ministre entend soulever la question du Made in Europe
- Les dirigeants européens visent un accord politique sur le texte de l'Industrial Accelerator Act
- Šefčovič tient de nouvelles discussions avec Wang Wentao
- Šefčovič et Wang Wentao se rencontrent à nouveau
Berlin change de cap
Le chancelier Merz, s'exprimant après le conseil des ministres franco-allemand de la mi-juillet, a évoqué un déficit commercial quotidien avec la Chine d'environ un milliard d'euros qui pénalise l'industrie nationale. Il n'a pas imputé cela uniquement à la force des fournisseurs chinois, mais aussi à une monnaie « dramatiquement sous-évaluée » et à une « surcapacité largement subventionnée ».
Je ne suis pas prêt à accepter que les choses restent en l'état.
Merz a fait valoir que cet arrangement pèse unilatéralement sur l'emploi en Europe. Merz et le chef du SPD Klingbeil ont opéré ce changement de politique avec peu d'attention publique, et l'Allemagne et la France tirent largement dans la même direction. Berlin veut pousser ce changement avec force lors du Conseil européen du jeudi 15 octobre.
L'engagement « Made in Europe » de l'Autriche
Le mercredi 14 octobre, le gouvernement autrichien a signé à la Chancellerie une déclaration « Made in Europe » qui favorise les producteurs de l'UE dans les marchés publics. Parmi les signataires figuraient la ministre de l'Économie, la ministre des Infrastructures (SPÖ), le secrétaire d'État Sepp Schellhorn, le PDG de Verbund Michael Strugl et les dirigeants d'entreprises industrielles autrichiennes. Le Wifo prévoit une croissance d'un peu moins de 1 pour cent pour 2026. Seule une partie des marchés publics peut réalistement être réorientée, et les chaînes d'approvisionnement risquent de devenir une charge bureaucratique. Les choix décisifs de politique industrielle se font toutefois à Bruxelles, dans le cadre de l'Industrial Accelerator Act, encore en négociation.
La place du Royaume-Uni dans la loi Made in Europe
Ola Källenius, patron de Mercedes-Benz et président de l'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA), a déclaré lors d'un point presse annuel à Bruxelles qu'exclure le Royaume-Uni serait un choix délibéré des dirigeants européens de nuire à l'industrie automobile de tout le bloc.
Nous nuirions à notre industrie au Royaume-Uni et dans l'UE.
Il a également déclaré que l'Industrial Accelerator Act vise à construire des chaînes d'approvisionnement locales en Europe.
Nous parlons de la manière dont nous industrialisons davantage en Europe, dont nous construisons des chaînes d'approvisionnement locales, c'est tout l'objet de l'IAA.
Le Premier ministre britannique entend soulever la question lors du sommet Royaume-Uni-UE du 20 novembre, tandis que les dirigeants européens visent un accord politique sur le texte actuel d'ici décembre. Andy Burnham a beaucoup plaidé pour l'inclusion mais se heurte à des résistances, notamment de la France. Le secrétaire d'État britannique aux Affaires, Jonathan Reynolds, a déclaré lors d'un déplacement en Inde que s'aligner sur les droits de douane de l'UE sur les véhicules chinois n'était pas à l'ordre du jour. L'ACEA presse également pour une suspension urgente des droits de douane de 10 % prévus sur les véhicules électriques britanniques entrant dans l'UE et sur les véhicules électriques de l'UE entrant au Royaume-Uni.
Ce qui suit
Les dirigeants européens se réunissent à Bruxelles le jeudi 15 octobre pour donner leur première réaction à l'accord sur les voitures hybrides. Une déclaration commune indique que les deux parties continueront de discuter de l'accès au marché pour les dispositifs médicaux et du règlement sur les subventions étrangères. L'eurodéputée belge Kathleen Van Brempt, du groupe Socialistes et Démocrates, a qualifié le résultat des discussions de Pékin de résultat commercial, tout en renvoyant à une étude de l'OCDE qui situe les subventions industrielles de Pékin jusqu'à huit fois plus élevées qu'ailleurs. Le ministère chinois du Commerce s'est réservé le droit de riposter si l'accord ne fonctionne pas comme convenu. Šefčovič tiendra de nouvelles discussions avec Wang Wentao en janvier 2027 et le rencontrera à nouveau en mars 2027.