L'exécution

L'Iran a pendu Ali-Sina Mostafavi mercredi matin 14 octobre 2026, selon Mizan, une agence de presse liée au pouvoir judiciaire. Mizan indique que la Cour suprême a confirmé une condamnation à mort prononcée en première instance avant que la pendaison ne soit exécutée. Mostafavi a été condamné pour des attaques armées dans la ville de Kerman, que les autorités replacent dans le contexte de la guerre lancée par les États-Unis et Israël. Europa Press rapporte que les attaques ont eu lieu en mars et avril, tandis que l'offensive conjointe a débuté en février. SIC Notícias le décrit comme un alpiniste de 38 ans originaire de Kerman.

Dates clés de l'affaire Mostafavi et de la guerre
  1. Vastes manifestations antigouvernementales en Iran
  2. Les États-Unis et Israël lancent une attaque conjointe contre l'Iran
  3. Attaques armées à Kerman citées dans la condamnation
  4. Nouvelles attaques à Kerman citées dans la condamnation
  5. Dadban avertit que l'exécution pourrait être imminente
  6. Mostafavi pendu, selon Mizan

Les charges

Mizan affirme que Mostafavi a mené plusieurs attaques armées à Kerman qui ont blessé plusieurs personnes, dont une fille. Après une perquisition dans sa cachette, les autorités disent avoir saisi plusieurs armes à feu, 246 cartouches et 30 cocktails Molotov. L'agence indique aussi que des messages sur son téléphone montraient qu'il était prêt à attaquer l'aéroport de Kerman, et qu'il aurait tenté deux autres attaques contre un poste de police sur la route entre Kerman et Mahan. Mizan ajoute qu'il a filmé des sites touchés pendant l'offensive et envoyé les images à des médias qu'elle qualifie de liés à l'opposition. Le pouvoir judiciaire l'accuse également de « moharebeh », qu'il décrit comme une « guerre contre Dieu », une infraction passible de la peine de mort, et d'appartenir à un réseau monarchiste qu'il relie à Reza Pahlavi, le fils exilé du chah déposé en 1979. La Libre rapporte que le communiqué du pouvoir judiciaire ne donne aucune date pour son arrestation ni pour son procès.

Une vague d'exécutions plus large

Les exécutions liées à la guerre et aux manifestations antigouvernementales qui ont commencé en janvier sont en hausse. Notícias ao Minuto rapporte que l'Iran a accéléré les exécutions depuis le début de la guerre le 28 février, notamment de personnes condamnées pour des liens présumés avec Israël ou pour avoir participé aux manifestations de janvier. SKAI rapporte que des dizaines de personnes ont été exécutées en lien avec la guerre et les manifestations. La Libre indique que les arrestations et les exécutions se sont multipliées depuis la guerre, qui a fait des milliers de morts. Amnesty International a recensé 2 159 exécutions en Iran en 2025, plus du double du chiffre de 2024 et le total le plus élevé qu'elle y ait enregistré depuis 1981. Selon des ONG citées par La Libre, l'Iran occupe le deuxième rang mondial pour les exécutions, derrière la Chine.

Les objections des organisations de défense des droits

Le mouvement de défense des droits humains Dadban a averti mardi 13 octobre que l'exécution pourrait être imminente, après que Mostafavi a été transféré dans une cellule d'isolement et que sa famille a été contactée au sujet d'une visite finale. Des organisations de défense des droits ont déclaré que ses aveux avaient été obtenus sous la contrainte. Iran International rapporte que Téhéran utilise depuis longtemps des accusations vagues telles que l'espionnage, la rébellion, l'« inimitié envers Dieu » et la « corruption sur terre » pour poursuivre ses critiques. Amnesty International, Human Rights Watch et plusieurs experts de l'ONU ont documenté des condamnations répétées à l'issue de procès inéquitables ou expéditifs, dans certains cas avec des accusés privés d'un accès effectif à un avocat et des verdicts reposant sur des aveux obtenus sous la torture. Mizan n'a pas divulgué de détails sur le procès ni sur les preuves présentées à la cour.