Frappe sur le palais présidentiel
Des missiles ont frappé jeudi 15 octobre le complexe du palais présidentiel du gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale à Aden. Des témoins ont fait état d'au moins six explosions près du palais, et un journaliste de l'AFP a vu de la fumée s'élever au-dessus du site tandis que des ambulances s'y dirigeaient. Des habitants ont fui la zone en panique. C'est la première attaque contre le complexe depuis la reprise de la guerre civile en juillet.
Des bilans variables
Les bilans des morts ont varié au fil de la journée. Europa Press a rapporté que le gouvernement avait confirmé la mort de deux gardes de sécurité et six blessés, citant le ministre de la Jeunesse Salé al-Bakri s'exprimant sur Al Arabiya. Le ministère yéménite de la Justice a donné à De Standaard le même bilan de deux agents de sécurité tués. Des sources militaires gouvernementales ont déclaré à l'AFP qu'au moins quatre personnes avaient été tuées et 10 blessées, tandis qu'un rapport de la BBC Persian publié tard jeudi faisait état de cinq morts et de nombreux blessés. Le Premier ministre, Shaya al-Zindani, et d'autres ministres ont été donnés sains et saufs. Un ministre du gouvernement s'exprimant sous couvert d'anonymat a affirmé que le Premier ministre se trouvait dans le palais au moment de l'attaque mais qu'il était indemne, bien que l'AP ait indiqué ne pas avoir de confirmation immédiate de cette information.
Revendications et cibles houthies
Les houthis ont affirmé par la voix de leur porte-parole militaire, Yahya Saree, avoir attaqué un quartier général d'opérations militaires dirigé par l'ennemi saoudien à l'intérieur de l'enceinte du palais. Des médias affiliés aux houthis ont décrit la cible comme un quartier général dirigé par des officiers saoudiens. Yahya Saree a déclaré que toute présence militaire saoudienne au Yémen constitue une cible légitime. Des responsables gouvernementaux ont indiqué que trois missiles avaient touché un centre de commandement de la coalition et que deux autres avaient frappé le quartier général de la coalition dans le complexe du palais, ajoutant qu'il y avait des victimes yéménites et saoudiennes sans donner de bilan. Les forces gouvernementales ont également affirmé que les houthis avaient tiré plusieurs missiles balistiques sur la ville de Marib.
Une escalade plus large avec l'Arabie saoudite
La frappe sur le palais fait suite à une attaque plus meurtrière sur le territoire saoudien. Le 10 octobre, une frappe de missile houthie sur l'aéroport international King Khalid à Riyad a tué 13 personnes et blessé environ 300 autres, selon n-tv. La BBC Russian l'a décrite comme l'attaque la plus meurtrière en Arabie saoudite depuis plus de 10 ans.
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Les houthis ont également frappé des aéroports, des installations pétrolières et gazières et des bases militaires en Arabie saoudite en riposte à des attaques sur le territoire qu'ils contrôlent, y compris la capitale Sanaa. Le vice-ministre saoudien des Affaires étrangères Rajed Krimly a accusé l'Iran d'armer, d'entraîner et de soutenir les forces houthies en violation des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, et d'encourager l'escalade dans la phase actuelle du conflit. Les autorités iraniennes n'avaient pas répondu à ces accusations, et Téhéran a déjà nié armer les houthis, affirmant ne leur offrir qu'un soutien politique.
Lignes de front et diplomatie
La coalition dirigée par l'Arabie saoudite apporte un soutien aérien aux forces gouvernementales qui poussent contre les positions houthies sur la côte sud-ouest de la mer Rouge et sur d'autres fronts. Les houthis ont récemment conquis davantage de territoire sur cette côte. Le Premier ministre Shaya al-Zindani a condamné l'attaque du palais comme la continuation d'actes criminels et a déclaré que le gouvernement continuerait d'assumer ses fonctions. Selon la BBC Persian, l'Union européenne et les États du Golfe ont reporté une réunion conjointe prévue en Arabie saoudite, et des événements sportifs et culturels ont été annulés.