La Cour suprême gèle un bloc électoral
La Cour suprême a suspendu le droit de vote des Espagnols de l'étranger ayant obtenu la nationalité au titre de la « ley de nietos », une disposition de la loi sur la mémoire démocratique qui ouvre la citoyenneté aux descendants des personnes exilées pendant la guerre civile et la dictature franquiste. El Confidencial chiffre à 163 020 le nombre de naturalisés inscrits au recensement des électeurs résidents absents (CERA), un chiffre que d'autres médias arrondissent à 163 000. Le 10 septembre, la cour a ordonné au gouvernement de déterminer lesquels d'entre eux étaient descendants d'exilés. Le Défenseur du peuple, Ángel Gabilondo, a depuis déposé un recours d'amparo devant le Tribunal constitutionnel et demandé des mesures conservatoires urgentes.
Vox a demandé au Tribunal constitutionnel de rejeter ce recours comme prématuré, en arguant que les voies de recours ordinaires n'ont pas été épuisées. Le parti affirme aussi qu'aucune atteinte constitutionnelle actuelle n'est démontrée. Les électeurs concernés peuvent se constituer et déposer des écritures jusqu'au 22 octobre. Vox a défendu les mesures de la cour en ces termes :
Il ne fait que contester une pondération que la troisième chambre de la Cour suprême a opérée deux fois, avec motivation et opinion dissidente.
Les consulats travaillent sur des dossiers manuels
Les consulats traitent les dossiers sans l'outil officiel Digireg. Selon ABC, les listes sont saisies à la main dans des tableurs Excel stockés sur un réseau interne du ministère des Affaires étrangères avant d'être partagées. Le Bureau du recensement électoral (OCE) ne dispose de données numériques que pour environ 70 000 naturalisations de 2025 et 2026, et le ministère affirme avoir reçu à ce jour des données d'une trentaine de consulats.
El Mundo rapporte que des sources du ministère reconnaissent que le respect intégral des délais est « impossible » dans certains consulats, un avertissement que le service de l'Avocat de l'État avait déjà formulé dans un rapport daté du 9 octobre. Le ministère indique que les congés des consuls des postes concernés ont été annulés afin d'accélérer la vérification. Une chronique d'El Confidencial soutient que le gouvernement a laissé filer l'échéance, en notant que les instructions opérationnelles et l'outil numérique promis n'avaient pas atteint les consulats lorsque la cour a confirmé la suspension, le lundi 12 octobre.
Une course contre la date limite du 22 octobre
ABC rapporte que la fenêtre de cinq jours ouvrables pour les réclamations CERA relatives aux erreurs de recensement se ferme le lundi 19 octobre. Les consulats prévoient d'envoyer les réclamations, ainsi que les résultats des vérifications de dossiers qu'ils ont achevées, à l'OCE entre le 19 et le 20 octobre. La date du 22 octobre remplit deux fonctions : c'est le dernier jour pour les écritures devant la Cour suprême, et c'est une échéance fixe dans le décompte électoral général.
- La Cour suprême ordonne au gouvernement de déterminer quels électeurs naturalisés sont concernés
- Sánchez annonce la convocation des élections générales
- La Cour suprême confirme la suspension du vote
- Le BOE publie l'ordonnance ouvrant une fenêtre de cinq jours pour se présenter
- Clôture de la fenêtre de réclamations CERA ; les consulats prévoient d'envoyer les dossiers à l'OCE les 19 et 20 octobre
- Date limite des écritures et échéance fixe du décompte électoral général
- Élections générales
El País rapporte que le Bulletin officiel de l'État a publié l'ordonnance de la cour le jeudi 15 octobre, ouvrant une fenêtre de cinq jours pour que les personnes concernées déclarent leur intention de se présenter devant la Cour suprême. Celles qui vivent à l'étranger doivent trouver un avocat et un procurador, et le pouvoir notarié doit généralement être obtenu via un consulat ou un notaire, ce qui prend du temps. Le cabinet de l'ancien juge Baltasar Garzón affirme avoir reçu plus de 5 000 demandes et messages, principalement via des avocats en Argentine, de personnes aux États-Unis, en Allemagne, en France, au Brésil, en Équateur et au Mexique, ainsi que d'Argentine même. Le cabinet n'a pas encore décidé s'il accepterait d'assurer la représentation, et l'une des options envisagées est de retenir trois dossiers représentatifs de pays différents.
La politique avant le scrutin du 29 novembre
Le chef de Vox, Santiago Abascal, a déclaré à La Razón qu'il se réjouissait d'avoir fait échouer la loi des petits-enfants, et averti que Pedro Sánchez avait encore d'autres tours pour modifier le résultat de l'élection. Abascal a affirmé que les élections du 29 novembre ne seraient pas propres et prédit une campagne marquée par la violence et la pression de la rue, qu'il impute à l'usage par le gouvernement de ses milices. Dans son recours, Vox soutient que les mesures de la cour visent à préserver la légalité et la transparence du recensement sans annuler la nationalité espagnole. Le différend se situe donc entre la cour, le Défenseur du peuple, le ministère des Affaires étrangères et les partis, alors que le décompte du recensement doit se clore tandis que les recours restent ouverts.