La violence se propage dès l'après-midi

Les manifestations contre la vie chère ont dégénéré le samedi 17 octobre, éclipsant une grande marche qui s'était déroulée sans incident. Selon El Mundo, les troubles ont commencé vers 13 heures, lorsque des groupes de jeunes vêtus de noir et le visage masqué ont provoqué les forces de l'ordre, qui ont riposté avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau. Notícias ao Minuto rapporte que les rassemblements dénonçaient aussi l'état de l'école publique, le coût de la vie et les violences policières. Dimanche matin, les rues autour de la place de la République, à Paris, étaient jonchées de voitures, de scooters et de vélos brûlés, de vitrines brisées et de barricades, et la statue de la République avait été dégradée pendant les affrontements.

Chronologie des troubles du 17 au 19 octobre en France
  1. Les manifestations contre la vie chère dégénèrent à Paris, des groupes affrontent les forces de l'ordre
  2. Sébastien Lecornu annonce 1 200 interpellations et 150 policiers blessés dans le pays
  3. Véhicules brûlés et vitrines brisées visibles dans le centre de Paris
  4. Plusieurs suspects doivent comparaître devant le procureur de Toulon, dont un homme jugé en comparution immédiate

Interpellations et blessés

Les chiffres évoluent encore et varient selon les sources. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a déclaré le soir du 17 octobre que 1 200 personnes avaient été interpellées et 150 policiers blessés dans le pays, et que le bilan aurait pu être plus lourd. Plus tard, des données du gouvernement français citées par Notícias ao Minuto ont fait état de 1 800 interpellations et de plus de 500 policiers blessés. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a qualifié le bilan des blessés de provisoire et dénoncé sur les réseaux sociaux les attaques contre les forces de l'ordre, les bâtiments publics et les commerces. Le reportage d'El Mundo du 18 octobre avance le chiffre de 2 000 interpellations, dont des personnes décrites comme ayant des profils dangereux.

Personnes interpellées en France le 17 octobre, selon la source (personnes)
Sébastien Lecornu, soir du 17 octobre1 200Données du gouvernement français, rapportées le 18 octobre1 800Reportage d'El Mundo, 18 octobre2 000

Commerces, mairies et nettoyage

Alexandre Bompard, président de la Fédération du commerce et de la distribution, a indiqué qu'environ 1 500 commerces avaient été endommagés dans le pays, dont beaucoup pillés, et que les pertes pourraient atteindre plusieurs centaines de millions d'euros. Les mairies de Paris, Marseille et Lyon ont demandé des explications à Sébastien Lecornu sur le manque de moyens pour contenir les émeutes. L'adjointe à la maire de Paris Lamia El Aaraje a déclaré que les forces de l'ordre avaient été débordées et que des groupes avaient pillé des rues entières. Des commerces du 11e arrondissement ont été pillés après la fin de la marche, et plus de 1 000 agents ont travaillé dimanche au nettoyage des débris, principalement entre la place de la République et la porte Saint-Martin.

Marseille et Toulon

À Marseille, la représentation de l'État dans les Bouches-du-Rhône a compté plus de 30 000 personnes impliquées dans les pillages au plus fort des émeutes, dont 8 000 « manifestants violents ». Le même rapport fait état de 99 interpellations directement liées aux troubles et de 118 membres des forces de l'ordre blessés.

À Toulon, le procureur Raphaël Balland a indiqué que 20 personnes avaient été placées en garde à vue, 17 adultes et trois mineurs. Deux adolescentes toulonnaises ont été interpellées à Marseille en possession de marchandises volées dans un commerce. Jusqu'ici, deux adultes ayant insulté des policiers ont été condamnés à verser une « contribution citoyenne » à une association d'aide aux victimes, deux mineurs ont été orientés vers un stage de citoyenneté et huit adultes ont été remis en liberté faute de preuves suffisantes. Plusieurs personnes devaient comparaître devant le procureur de Toulon le lundi 19 octobre, dont un homme jugé en comparution immédiate pour violences contre des policiers. Une enquête est en cours sous la direction du parquet.

Conséquences politiques

Selon ProTV, Sébastien Lecornu a accusé l'extrême gauche d'inciter à la violence pour semer le chaos avant l'élection présidentielle. Le scrutin est prévu dans environ six mois, et un commentaire de RP Online estime que les troubles pourraient peser sur la campagne, les extrêmes des deux bords profitant du désordre, Marine Le Pen étant donnée favorite dans les sondages. Ce commentaire note aussi que la France est lourdement endettée après neuf ans sous Emmanuel Macron, ce qui laisse au gouvernement moins de marge qu'en 2018, lorsque Emmanuel Macron avait désamorcé la crise des gilets jaunes avec des milliards d'aides.