L'Argentine porte le différend devant un tribunal
Le gouvernement argentin a engagé une action en justice devant le Tribunal international du droit de la mer pour tenter de faire cesser l'exploration pétrolière et gazière au nord des îles Malouines. Dans un communiqué, Buenos Aires a indiqué que la requête vise à bloquer une activité que le Royaume-Uni a autorisée illégalement. Le dépôt est intervenu environ quinze jours après que le président Javier Milei a exigé l'abandon du projet pétrolier Sea Lion, une demande qui faisait suite à l'ultimatum de deux semaines adressé au Royaume-Uni le 28 septembre. Le ministre des Affaires étrangères Pablo Quirno a écrit sur X que l'Argentine demande au tribunal plusieurs ordonnances contre le Royaume-Uni, dont l'arrêt de nouveaux permis d'exploration. La britannique Rockhopper Exploration et l'israélienne Navitas Petroleum affirment toutes deux détenir des licences valides délivrées par la Grande-Bretagne, et Londres soutient que le projet est légal, qu'il se situe sur le plateau des îles Malouines et qu'il est régulé par le gouvernement de l'archipel.
- Milei donne au Royaume-Uni un ultimatum de deux semaines avant l'ouverture d'une procédure d'arbitrage
- Andy Burnham ouvre une enquête sur des signalements de harcèlement visant des habitants des Malouines
- L'Argentine dépose sa requête devant le Tribunal international du droit de la mer, et Kumaran répond aux Communes
Londres répond aux Communes
Le mardi 13 octobre, la ministre du Foreign Office Uma Kumaran a déclaré à la Chambre des communes que le gouvernement ne resterait pas « les bras croisés » pendant que l'Argentine recourt à une « coercition économique » contre les habitants de l'archipel. Elle a attaqué les « propos incendiaires » de Milei et les « déclarations publiques de plus en plus agressives » de Quirno. Le Royaume-Uni prévoit de s'opposer au gouvernement argentin, de dialoguer avec les entreprises et de mobiliser ses partenaires internationaux, et Mme Kumaran a indiqué que Londres était prêt à prendre des mesures supplémentaires si la situation se poursuivait.
Nous ferons tout ce qu'il faut pour les soutenir.
Mme Kumaran a déclaré que le Royaume-Uni s'impliquerait dans la procédure judiciaire engagée par l'Argentine, mais qu'elle ne ferait pas de commentaire au fil de l'eau tant que la procédure est en cours. Le lundi 12 octobre, Andy Burnham a ouvert une enquête sur des signalements de harcèlement visant des habitants des Malouines après des intimidations attribuées à l'Argentine.
Elles seront légales, elles seront proportionnées, et je peux vous assurer qu'elles seront fermes.
Interpol et les investisseurs de Sea Lion
Le Royaume-Uni a écrit au siège d'Interpol à Lyon pour soutenir que les demandes argentines de notices rouges visant des personnes liées à Sea Lion, dont des ressortissants britanniques, sont politiquement motivées. Le Guardian, qui a consulté la lettre, rapporte que Londres a appelé à la prudence et que les responsables britanniques estiment que l'Argentine cherche à intimider des personnes et des entreprises pour les dissuader de travailler aux Malouines. Il est entendu qu'Interpol a répondu qu'elle respecterait l'article 3 de sa constitution, qui lui interdit toute intervention ou activité de caractère politique. Une notice rouge demande à la police de localiser une personne et de l'arrêter provisoirement dans l'attente d'une extradition ; près de 20 000 ont été émises l'an dernier. Andrea Clausen, directrice générale du gouvernement des Malouines, a déclaré que le recours de l'Argentine à Interpol constituait une menace, tout en ajoutant qu'elle espérait qu'Interpol n'agirait pas nécessairement.
Les enjeux pour l'archipel et le précédent de 1982
Le gisement de Sea Lion se situe à environ 130 miles (209 km) des îles Malouines et est estimé à 1,7 milliard de barils de pétrole. La production doit démarrer en 2028, avec des recettes potentiellement importantes pour les quelque 3 500 habitants, et le Guardian indique qu'elle pourrait tripler le PIB du territoire. Le gouvernement des îles Malouines a prolongé les permis d'exploration en septembre 2026. Selon The Times, plus de 100 soldats britanniques ont rejoint des réservistes locaux pour un exercice de six jours début octobre 2026, qui reproduisait l'invasion de 1982 et comprenait une marche nocturne de 20 miles et un assaut amphibie. La guerre de 1982 a tué quelque 650 soldats argentins et 255 militaires britanniques avant la capitulation de l'Argentine, et lors d'un référendum en 2013, 99,8 % des habitants des Malouines ont voté pour rester un territoire britannique d'outre-mer.
Le Royaume-Uni n'a jamais recherché cette confrontation avec le gouvernement argentin actuel, et encore moins avec le peuple argentin.