Moscou convoque l'ambassadeur de Belgique
Le ministère russe des Affaires étrangères a convoqué mardi 13 octobre 2026 l'ambassadeur de Belgique à Moscou, Michel Gerebtzoff, selon l'agence de presse d'État TASS, qui cite le ministère. Celui-ci lui a déclaré que la Russie rejette catégoriquement les accusations de responsables militaires et politiques belges selon lesquelles Moscou serait à l'origine de menaces hybrides croissantes, d'actes de sabotage et de menaces militaires directes contre la Belgique et l'Europe. Cette convocation répond aux accusations attribuant à Moscou de récents soupçons de sabotage et incidents hybrides à travers l'Europe. Le gouvernement fédéral à Bruxelles n'a pas souhaité commenter, et une source gouvernementale belge a déclaré au Soir qu'il ne voulait pas réagir.
Ce qu'exige le ministère
Le ministère a qualifié d'« ouvertement agressives » les déclarations de certains responsables belges, qui selon lui présentent la Russie comme un ennemi et contribuent à une nouvelle escalade. Il a également averti que la confrontation risquait d'échapper à tout contrôle.
Il existe un risque que la confrontation échappe à tout contrôle.
Moscou a exhorté Bruxelles à mesurer les conséquences de telles déclarations et à réduire l'intensité de la rhétorique antirusse, qui selon elle alimente les tensions sur le continent européen. La position du ministère est que les dirigeants belges présentent délibérément la Russie comme un ennemi. Son communiqué présente la convocation comme un rejet d'allégations qu'il qualifie de sans fondement et de plus en plus fréquentes.
Les avertissements de Francken fin septembre
Fin septembre 2026, le ministre belge de la Défense Theo Francken a déclaré lors d'un sommet sur la défense et la sécurité à Bruxelles que l'Europe devait se préparer à un hiver sombre, alors que les incidents orchestrés depuis Moscou se multiplient. M. Francken a affirmé que la guerre hybride menée par la Russie n'avait pas commencé il y a deux ans et que Moscou la pratique depuis 50 ans, appelant les partenaires européens à se réarmer et à dépenser davantage pour la sécurité. Dans un entretien accordé au podcast Het Rapport van de Wetstraat, il a indiqué que les services de sécurité et les parquets belges enquêtaient sur des dizaines d'incidents suspects, avec de fortes indications d'une implication russe dans plusieurs d'entre eux. Il a cité des cas avérés de drones au-dessus de sites sensibles et affirmé que la Belgique avait déjà été attaquée, évoquant de nombreuses cyberattaques contre ses installations. Il a désigné le soutien belge à l'Ukraine comme la principale raison de ces attaques hybrides et estimé que l'armée devait se préparer à de nouvelles confrontations avec la Russie.
- L'ancien ambassadeur de Belgique Marc Michielsen convoqué pour l'usage allégué d'armes de fabrication belge lors d'une incursion à Belgorod
- Le ministre de la Défense Theo Francken avertit l'Europe de se préparer à un hiver sombre face aux incidents liés à Moscou
- Le ministère russe des Affaires étrangères convoque l'ambassadeur de Belgique Michel Gerebtzoff
Avoirs gelés et sommet de Bruxelles
La convocation est intervenue au lendemain d'un nouvel appel du ministre ukrainien des Affaires étrangères Andriy Sybiha à utiliser les avoirs russes immobilisés détenus dans l'UE, principalement en Belgique. Un sommet européen à Bruxelles, auquel Volodymyr Zelensky est attendu vendredi, constitue la prochaine étape du débat. Un haut responsable européen a déclaré mardi que les positions sur ces avoirs n'avaient pas changé depuis décembre, lorsque la Belgique avait convaincu les autres États membres de recourir à un emprunt classique pour financer l'Ukraine. Ce même responsable a indiqué qu'aucune décision sur le financement de l'Ukraine n'était attendue lors du sommet.
Un précédent en 2023
Cette convocation a un précédent. En juin 2023, l'ambassadeur belge de l'époque, Marc Michielsen, avait été convoqué au ministère russe des Affaires étrangères pour l'usage allégué d'armes de fabrication belge par des groupes armés pro-ukrainiens lors d'une incursion dans la région russe de Belgorod. Selon le dernier rapport en date du 14 octobre, le gouvernement fédéral à Bruxelles n'avait pas commenté cette nouvelle convocation.
