Un ralentissement que le gouvernement présente comme une tendance

Le mouvement a débuté il y a environ trois semaines et rassemble plusieurs organisations de jeunesse. Le sociologue Vincent Tiberj a déclaré à Ouest-France que les mobilisations de jeunes ne sont pas nouvelles, citant Parcoursup en 2019 et la réforme des retraites comme précédents. Vendredi 9 octobre, une source gouvernementale a décrit un « net ralentissement » de la mobilisation, perceptible depuis plusieurs jours et devenue plus localisée, soit par une politisation locale, soit par un problème local réel. Le ministère de l'Éducation nationale a indiqué que plus de 96 % des lycées étaient ouverts vendredi matin, avec 141 établissements fermés sur 3 700, contre 157 la veille à la mi-journée. Selon la même source, les établissements fermés se situaient principalement en Île-de-France, dans le nord et l'ouest du pays et près de Lyon, et les dégâts liés aux manifestations et aux blocages ont coûté au moins 30 millions d'euros.

Lycées fermés pendant la mobilisation (établissements)
2026-10-08, mi-journée1572026-10-09, matin141
Dates clés de la mobilisation lycéenne
  1. Un élève de 15 ans est interpellé à la fin d'une manifestation à Nantes
  2. Le ministre Édouard Geffray annonce 3 000 enseignants remplaçants sur TF1
  3. Une source gouvernementale fait état d'un net ralentissement, avec 141 lycées fermés sur 3 700
  4. Les élèves et l'USL prévoient une nouvelle journée de mobilisation

Trois mille enseignants remplaçants

Le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray a annoncé jeudi 8 octobre sur TF1 le déploiement de 3 000 enseignants remplaçants dans les établissements où la situation est la plus critique, avant de se rendre dans un lycée de Cachan, en Île-de-France, pour détailler le dispositif. L'analyse du Figaro conclut que ces enseignants faisaient déjà partie des effectifs mais n'avaient pas été affectés, ce qui pose la question de la gestion des remplacements. Mediapart s'est demandé si un tel vivier suffisait à répondre à la pénurie de remplaçants dans les établissements. Le ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste a déclaré à franceinfo que ces enseignants seraient essentiellement des TZR, des titulaires affectés dans une zone de remplacement, et a rejeté toute idée de « bricolage ». Les enseignants connaîtront progressivement leur affectation d'ici le début de la semaine prochaine.

Les élèves prévoient un nouveau blocage mardi

Philémon Jouglet-Marcus, représentant fédéral de l'USL à Paris, a rejeté l'idée d'un essoufflement du mouvement vendredi sur franceinfo.

La motivation est toujours là.

— Philémon Jouglet-Marcus

Il a indiqué qu'aucun appel à la mobilisation n'avait été lancé vendredi, que certains établissements étaient fermés administrativement et que des policiers étaient présents dès 6 heures devant certains établissements pour empêcher les blocages. Il a décrit une évolution vers des manifestations plus classiques, en partie en partenariat avec les enseignants, et a appelé à un large soutien du public à la mobilisation prévue mardi 13 octobre. Un élève de seconde devant le lycée Raymond-Naves à Toulouse a déclaré que les élèves gardaient leurs forces pour la semaine prochaine et bloqueraient à nouveau l'établissement mardi. L'École nationale des chartes a été bloquée pour la première fois vendredi par des poubelles empilées par une dizaine d'élèves et d'élèves fonctionnaires, après l'ENS Ulm et l'ENS Saclay.

Incidents locaux, une interpellation à Nantes et des griefs scolaires

À Lunel (Hérault), un incendie près du lycée Louis Feuillade a entraîné l'évacuation de l'établissement, a indiqué le rectorat à l'AFP. À Nantes, Gaspard, un élève de 15 ans en seconde au lycée Jean-Perrin de Rezé, a raconté son interpellation par la police à la fin d'une manifestation dans le centre-ville mardi 6 octobre 2026. Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux le montre recevant un coup au menton porté par un objet difficile à identifier, et il estime avoir été touché par un pistolet à impulsion électrique, ce que la préfecture dément. Il envisage de porter plainte, et des enseignants de son établissement ont manifesté jeudi 8 octobre devant le bâtiment contre les violences policières. Au lycée Rosa-Parks de Saint-Denis, la proviseure a tenté vendredi d'organiser le dialogue avec les élèves, qui ont soulevé des problèmes d'emploi du temps et des inégalités entre les lycées de banlieue et ceux de Paris. Des élèves de lycées professionnels à Meaux et à Lille affirment être en première ligne depuis le début du mouvement, dénonçant une orientation qu'ils n'ont pas choisie, des filières dévalorisées et le mépris dont leur voie fait l'objet.