Un tir depuis un sous-marin au large de la Bretagne
Mardi matin, la Marine nationale a procédé à un tir d'essai du missile balistique stratégique M51.3 modernisé depuis le sous-marin nucléaire lanceur d'engins Le Vigilant. Le bâtiment, récemment remis en service actif après un entretien en cale sèche, a lancé le projectile non armé en plongée au large des côtes du Finistère, en Bretagne. L'essai s'est déroulé dans le cadre de l'opération Smertrios, destinée à valider le système d'armes stratégiques du navire. Le président Emmanuel Macron a observé le tir depuis le pont de la frégate multi-missions Auvergne. Le missile a achevé sa trajectoire et touché une zone réservée de l'Atlantique Nord, à plusieurs centaines de kilomètres de toute côte habitée. À l'issue de l'opération, Emmanuel Macron s'est exprimé sur les réseaux sociaux au sujet de la posture stratégique de la France.
Ce succès technique démontre une nouvelle fois la crédibilité de notre dissuasion nucléaire, dont la pérennité est garantie.
Les capacités techniques du M51.3
Le M51.3 constitue la troisième génération du système français de missiles balistiques stratégiques lancés depuis la mer. La fusée à propergol solide, à trois étages, mesure 12 mètres de haut et pèse plus de 50 tonnes. Après l'expulsion sous-marine, le missile s'élève au-dessus de 2 000 kilomètres d'altitude, bien au-delà de l'orbite terrestre basse, avant de rentrer dans l'atmosphère. Lors de sa phase de descente terminale, la charge atteint la vitesse de Mach 20, soit environ 20 000 kilomètres par heure, conçue pour pénétrer les boucliers antimissiles. Des sources du ministère français de la Défense citées par Reuters indiquent que le missile possède une portée d'environ 10 000 kilomètres, ce qui lui permettrait théoriquement d'atteindre n'importe quel point du territoire de la Fédération de Russie, y compris l'Extrême-Orient. Le ministère des Armées a déclaré que l'essai respectait strictement les engagements internationaux.
Réaction du Kremlin et réponse politique
Mercredi, le porte-parole du Kremlin, Dmitry Peskov, a répondu au test français, déclarant que Moscou avait reçu le message de la France tout en accusant les dirigeants européens de poursuivre une obsession de militarisation. M. Peskov a soutenu que l'Union européenne cherche à se transformer d'un bloc économique en une alliance politico-militaire orientée vers la confrontation avec Moscou. Il a ajouté que, si l'armée russe reste vigilante et prête à prendre les mesures de sécurité nécessaires, le gouvernement russe préfère une résolution diplomatique aux exercices militaires.
Ils construisent leur identité dans le domaine de la défense et de la sécurité sur la base de la confrontation avec la Fédération de Russie. C'est une voie sans issue. Comme l'histoire le montre, elle ne mène à rien de bon.
Contexte de sécurité européen
Le test intervient dans un contexte de tensions sécuritaires accrues en Europe, où plusieurs gouvernements européens attribuent à Moscou des attaques hybrides en cours. Dans des déclarations antérieures, le président russe Vladimir Putin a maintenu que la Russie n'a pas l'intention d'attaquer d'autres nations, tout en avertissant que Moscou utiliserait tous les types d'armes à sa disposition si des forces de l'OTAN attaquaient le territoire russe. Des responsables russes ont par ailleurs émis des avertissements concernant la défense de la Russie continentale et de l'enclave de Kaliningrad. La France reste le seul État membre de l'Union européenne doté de l'arme nucléaire à disposer de capacités de dissuasion souveraines.
- Vladimir Putin déclare que la Russie n'a pas l'intention d'attaquer mais utilisera toutes les armes en cas de frappe
- Le sous-marin Le Vigilant tire un missile M51.3 non armé au large du Finistère lors de l'opération Smertrios
- Emmanuel Macron qualifie le test de message clair sur la crédibilité de la dissuasion
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