Le contrat et le circuit

La Formule 1 a annoncé mardi 13 octobre un accord de dix ans prévoyant l'entrée au calendrier d'un Grand Prix d'Afrique, présenté par Visit Rwanda, à partir du début des années 2030. La course se tiendra sur un circuit construit pour l'occasion à Bugesera, à environ 40 km au sud de Kigali, à côté d'un nouvel aéroport international encore en construction. La F1 prévoit que le circuit soit achevé au début de la prochaine décennie, et la première course n'aura lieu qu'une fois les travaux terminés. Le tracé est conçu selon les normes FIA Grade 1 et s'inscrit dans un programme de développement plus large mené par le Rwanda Development Board, couvrant le sport, le tourisme, les infrastructures et le commerce. La F1 indique que le site servira aussi de destination toute l'année pour des événements de sport automobile, des conférences et des spectacles.

Les étapes du retour de la Formule 1 en Afrique
  1. Le Maroc organise une course près de Casablanca
  2. Dernière course de F1 en Afrique à Kyalami, en Afrique du Sud
  3. La F1 annonce un accord de dix ans pour un Grand Prix du Rwanda
  4. Première course au Rwanda prévue une fois le circuit de Bugesera achevé

Pourquoi l'Afrique, et pourquoi maintenant

Le Rwanda sera le troisième pays africain à accueillir une manche du championnat, après le Maroc, qui avait organisé une course près de Casablanca en 1958. La dernière course de Formule 1 sur le continent était le Grand Prix d'Afrique du Sud à Kyalami en 1993. Le président rwandais Paul Kagame avait annoncé la candidature du pays avant la signature de l'accord, et lors d'une conférence de presse à Kigali, il est apparu aux côtés du directeur général de la F1, Stefano Domenicali, et du président de la FIA, Mohammed Ben Sulayem. Domenicali a décrit la journée sans détour.

Aujourd'hui est un moment marquant pour la Formule 1.

— Stefano Domenicali

Domenicali a aussi soutenu que l'accord allait bien au-delà de l'organisation d'une seule course, citant le tourisme et l'investissement parmi les bénéfices plus larges. La F1 indique que près de 60 % des fans des principaux marchés d'Afrique subsaharienne ont moins de 35 ans, et Domenicali a estimé l'audience de la F1 sur le continent à plus de 100 millions de personnes.

Lewis Hamilton et la campagne pour l'Afrique

Septuple champion du monde, Lewis Hamilton, désormais âgé de 41 ans et pilote Ferrari, a répété à plusieurs reprises que le moment était venu d'organiser une course en Afrique et a milité en ce sens. Il a déclaré aux journalistes à Singapour que le continent est celui où la F1 ne court pas et qu'il ne devrait pas y avoir de raison à cela.

J'ai toujours dit qu'il fallait un Grand Prix en Afrique.

— Lewis Hamilton

L'Afrique du Sud souhaite également accueillir une course au Cap ou à Kyalami, et la ministre des Sports Gayton Mackenzie a déclaré que cela restait possible.

Critiques sur le rôle du Rwanda

Toutes les réactions ne sont pas positives. Les Nations unies ont accusé le gouvernement rwandais de soutenir le groupe rebelle M23 en République démocratique du Congo, et Amnesty International a qualifié la course de « prix de sportswashing ». Les autorités rwandaises nient apporter un soutien financier ou militaire au groupe et affirment que leurs mesures visaient à protéger le territoire rwandais. La F1 dit croire que le sport peut être une force positive et que le projet vise à laisser un héritage durable par le tourisme, l'investissement et les talents locaux.

Calendrier et suites

Aucune date de départ n'a été fixée, car le circuit n'existe pas encore. Le calendrier 2027 compte déjà 24 courses, de sorte qu'une manche existante devrait probablement disparaître pour faire place au Rwanda, selon l'analyse de l'annonce. Les fans et les commentateurs sont partagés sur la question de savoir si le Rwanda doit accueillir la course, même si la plupart s'accordent à dire qu'une course en Afrique se fait attendre. La prochaine étape concrète est l'achèvement du circuit de Bugesera, que la F1 prévoit au début de la prochaine décennie.