La Cour suprême maintient la suspension

Lundi 12 octobre, le Tribunal suprême a rejeté les demandes de l'Abogacía del Estado et du parquet général visant à lever la suspension provisoire des droits de vote des citoyens naturalisés ayant obtenu la nationalité espagnole au titre de la « ley de nietos ». Cette disposition, inscrite dans la loi sur la mémoire démocratique, suspend le vote sauf si les demandeurs prouvent qu'ils descendent d'exilés. L'Abogacía del Estado chiffre à 163 020 le nombre de personnes concernées, tandis que Félix Bolaños, ministre de la Présidence, de la Justice et des Relations avec les Cortès, avance le chiffre d'environ 160 000. Les élections générales ayant été avancées au 29 novembre, les citoyens concernés ne pourront pas y voter en vertu de la décision actuelle.

Principales étapes du litige sur la suspension du vote, 2026
  1. Le ministère des Affaires étrangères ordonne aux consulats de certifier les citoyens naturalisés ayant prouvé leur ascendance d'exil
  2. Le Tribunal suprême rejette les demandes de levée de la suspension du vote
  3. Bolaños affirme que l'Abogacía del Estado a fait tout ce qui était possible
  4. Élections générales, les citoyens suspendus ne pouvant voter que s'ils prouvent leur ascendance d'exil

Le gouvernement affirme avoir épuisé ses options

Dans un entretien à l'émission Al Rojo Vivo sur La Sexta mercredi 14 octobre, Félix Bolaños a déclaré que l'Abogacía del Estado avait étudié des alternatives et avait fait tout ce qui était possible au stade du Tribunal suprême. Selon lui, ce sont désormais les personnes concernées qui doivent engager une action en justice, ce qui ferme de fait la porte à un recours du gouvernement devant le Tribunal constitutionnel. Il a qualifié la mesure de « coupe massive dans les droits », impulsée selon lui par Vox et saluée par le Partido Popular.

Il reste très peu de jours, et les délais de la loi électorale sont très rapides.

— Félix Bolaños

Lors d'un meeting à Saragosse, le président du gouvernement Pedro Sánchez a défendu le droit de vote des petits-enfants naturalisés. Il a soutenu qu'aucun citoyen ne devait être traité comme un citoyen de première ou de deuxième catégorie parce que la droite et l'extrême droite disposent de candidats de troisième catégorie.

Nous disons que les petits-enfants de l'exil républicain ont le même droit de vote que les petits-enfants du régime franquiste.

— Pedro Sánchez

Opposition et accusations croisées

Le Partido Popular de Feijóo a salué la décision du Tribunal suprême, et Bolaños a accusé le parti de reprendre le discours de l'extrême droite. Le PP soutient que la propreté du scrutin était menacée et que le recensement pourrait être contaminé par une instruction ministérielle qui n'exige pas la preuve qu'une personne naturalisée descend d'un exilé. Bolaños rejette cette thèse, affirmant que l'instruction date de 2008, après la loi sur la mémoire historique de 2007, et qu'elle a été appliquée sous le gouvernement de Mariano Rajoy (PP) avant d'être reprise dans la loi ultérieure. À Santander, la porte-parole du PP au Sénat, Alicia García, a accusé le gouvernement de s'en prendre au Tribunal suprême à propos de cette décision.

On ne change pas les règles en cours de partie, surtout quand on est en train de perdre.

— Alicia García

Les consulats passent les listes en revue

Depuis la mi-septembre, les consulats espagnols ont reçu du ministère des Affaires étrangères l'ordre de délivrer des certificats aux citoyens naturalisés ayant prouvé leur ascendance d'exil, selon El Periódico. Le personnel consulaire remplit désormais un tableur Excel couvrant des dizaines de milliers de demandeurs, en indiquant qui a fourni une preuve et qui s'est appuyé sur une instruction du ministère de la Justice ayant assoupli les critères. Cette instruction présumait l'exil pour toute personne ayant quitté l'Espagne entre le 18 juillet 1936 et le 31 décembre 1955. Des sources diplomatiques ont indiqué au journal qu'une application informatique promise pour traiter le processus n'est pas encore arrivée. Des sources officielles du ministère affirment que celui-ci respecte la loi et applique les mesures conservatoires du Tribunal suprême avec la plus grande diligence.

La suite

Seules les personnes concernées peuvent introduire un recours, et le recensement pour le scrutin du 29 novembre clôture dans quelques jours. La Vanguardia rapporte que la voie du Tribunal constitutionnel ne peut aboutir à temps pour changer l'issue du vote. La suspension reste en vigueur jusqu'à ce que les citoyens concernés prouvent leur ascendance ou que les tribunaux en décident autrement.