La Bulgarie confirme l'incendie

Le premier ministre bulgare Rumen Radev a confirmé devant le Parlement, mercredi 14 octobre, qu'un incendie s'était déclaré dans une installation Starlink près de Sofia. Il a refusé de donner des détails, invoquant l'enquête en cours, et a indiqué que le travail était mené avec les services partenaires. Le ministre de l'Intérieur Ivan Demerdzhiev a déclaré aux députés que son ministère avait ajouté des mesures pour garder des sites similaires, tout en soulignant que les propriétaires restent responsables de leur sécurité. La ministre des Affaires étrangères Velislava Petrova-Chamova a déclaré à la dpa à Berlin que la garde du site serait renforcée et a décrit l'installation comme privée. Le site était jusqu'ici tenu secret, et le parquet a indiqué à l'AFP qu'une enquête est en cours sans qu'aucune personne n'ait été formellement mise en cause à ce stade.

Les accusations de sabotage de l'opposition

L'alliance d'opposition pro-occidentale Bulgarie démocratique a été la première à rendre public l'incendie. Selon son récit, 11 des 17 antennes du site ont été délibérément incendiées le 9 octobre, et ces antennes portaient la liaison principale vers SpaceX utilisée dans la guerre en Ukraine. Spiegel Online donne le 9 septembre comme date, tandis que les autres rapports évoquent le 9 octobre. Le député Ivaylo Mirchev, membre de Bulgarie démocratique, a écrit sur les réseaux sociaux lundi 12 octobre que deux hommes masqués avaient commis le sabotage. Un autre dirigeant de l'opposition, Bozhidar Bozhanov, a accusé Radev de craindre d'admettre que la Bulgarie fait face à des attaques hybrides russes, et Radev a répondu qu'un député aurait besoin d'une boule de cristal pour nommer les auteurs tout en appelant le public à la patience. Plamen Tonchev, chef de l'Agence nationale de sécurité de l'État (DANS), a déclaré au Parlement qu'il considère l'incendie comme un sabotage et que de tels actes ne peuvent être exclus à l'avenir.

La Pologne et les arrestations en Allemagne

Une station au sol Starlink près de Varsovie a été incendiée le 23 septembre, endommageant une sous-station électrique et un générateur. Bild a rapporté que la station a brièvement cessé de fonctionner avant de revenir en ligne, et personne n'a été blessé. Les autorités polonaises ont d'abord parlé d'une tentative de sabotage, et le vice-premier ministre Krzysztof Gawkowski a déclaré le 23 septembre que de nombreux signes pointaient vers une nouvelle approche russe des attaques, sans preuve directe d'une implication russe. Le premier ministre Donald Tusk a déclaré le 12 octobre que deux citoyens turcs avaient été détenus en Allemagne dans le cadre de l'enquête. Mardi 13 octobre, la dpa a rapporté l'arrestation de deux saboteurs présumés à Nürtingen, près de Stuttgart, tandis que la radio polonaise RMF FM a fait état de quatre personnes détenues, les rapports différant donc sur le nombre. Selon la dpa, le gouvernement de Varsovie soupçonne les services de renseignement russes d'être derrière l'attaque, et Tusk a décrit l'incendie criminel comme un élément d'une guerre hybride.

Chronologie des incendies criminels de stations au sol Starlink, de septembre à octobre 2026
  1. Un incendie endommage une station au sol Starlink près de Varsovie ; les autorités polonaises évoquent une tentative de sabotage
  2. L'opposition affirme que 11 des 17 antennes ont été incendiées dans une installation secrète près de Sofia
  3. Tusk annonce que deux citoyens turcs ont été détenus en Allemagne ; le député Mirchev publie une accusation de sabotage concernant le site de Sofia
  4. La dpa rapporte l'arrestation de deux saboteurs présumés à Nürtingen ; RMF FM fait état de quatre arrestations
  5. Radev confirme l'incendie près de Sofia devant le Parlement

Le différend ukrainien sur Starlink et la pression en mer Noire

Kyiv accuse SpaceX de brider les débits de Starlink, une restriction qui, selon des responsables ukrainiens, affecte le forfait militaire destiné à l'usage d'internet en mouvement. Le conseiller présidentiel Serhii Beskrestnov a écrit que les forces ukrainiennes n'avaient reçu aucun avertissement concernant cette limite, qui a interrompu plusieurs missions. Selon Spiegel Online, Starlink est essentiel pour piloter les frappes de drones de l'armée ukrainienne. La Bulgarie, membre de l'OTAN et de l'UE sur la mer Noire, subit des pressions depuis le début de la semaine du 5 octobre après une série d'attaques contre des navires près de ses côtes, qu'elle a officiellement liées à la Russie. Radev a déclaré le 13 octobre que, sans preuve concluante, la logique pointe vers la Russie. Elon Musk, propriétaire de Starlink, a critiqué à plusieurs reprises Volodymyr Zelensky tout en continuant d'autoriser Kyiv à utiliser la technologie.