Le prix et la citation

L'Académie royale des sciences de Suède a annoncé lundi 12 octobre que le prix Nobel de sciences économiques 2026 revient à Robert E. Hall et Michael Woodford, deux Américains. Hall, 83 ans, enseigne à l'université Stanford, tandis que Woodford, 70 ans, enseigne à l'université Columbia, à New York. L'Académie a salué leurs travaux sur les « fondements microéconomiques de la stabilisation macroéconomique ». Le prix est doté de 12 millions de couronnes suédoises, soit environ un million d'euros. Le prix d'économie ne repose pas directement sur le testament d'Alfred Nobel : la banque centrale suédoise l'a créé en 1968 en sa mémoire, et il est décerné depuis 1969.

Ce que les lauréats ont bâti

Selon l'Académie, les deux économistes ont développé de nouveaux modèles macroéconomiques qui permettent aux banques centrales et aux ministères des Finances de mener une meilleure politique de stabilisation. Plutôt que de fonder leurs modèles sur les relations statistiques entre inflation, production et consommation, ils ont choisi un fondement microéconomique, en examinant comment les décisions des ménages et des entreprises se traduisent dans l'ensemble de l'économie. Il Giornale décrit les recherches de Hall sur la consommation comme un prolongement de l'idée de revenu permanent de Milton Friedman assortie d'anticipations rationnelles, et rappelle que Hall a conçu avec Alvin Rabushka, dans les années 1980, un impôt à taux unique. Le même média indique que Hall a présidé pendant des décennies le comité du National Bureau of Economic Research qui date officiellement les récessions américaines. Le manuel de Woodford, « Interest and Prices », est cité comme référence par les banques centrales, et ses travaux explorent la manière dont les taux d'intérêt et la communication des banques centrales façonnent les anticipations des ménages et des entreprises.

Réactions du comité et des économistes

John Hassler, président du comité du prix, a déclaré que les lauréats avaient donné une base théorique solide aux modèles utilisés par les banques centrales et les gouvernements du monde entier. Il a ajouté que ces modèles permettent aux économies de mieux absorber les chocs.

Avec eux, nous sommes mieux armés pour faire face à des chocs économiques tels que les crises énergétiques ou les brusques changements de comportement de consommation des ménages.

— John Hassler

Woodford, joint par téléphone pendant l'annonce, a qualifié la distinction d'immense honneur et a dit qu'il s'agissait d'une grande surprise, très agréable. Clemens Fuest, président de l'institut Ifo, a déclaré que Hall avait façonné la compréhension de la consommation, du marché du travail et du cycle économique, et que Woodford avait montré l'importance des anticipations et de la crédibilité des banques centrales pour la politique monétaire.

Les fluctuations du cycle économique, le chômage et l'inflation ne peuvent être compris que si l'on tient compte de la manière dont les ménages et les entreprises prennent leurs décisions et réagissent aux mesures de politique économique.

— Clemens Fuest

Commentaires sur la Fed et l'inflation

Un commentaire de Bloomberg voit dans ce prix un message adressé à la Réserve fédérale, en notant que son président, Kevin Warsh, a fait de la « forward guidance » des banques centrales une expression bannie. Il Messaggero écrit qu'il est difficile d'imaginer ce prix décerné à ces deux économistes sans le retour de l'inflation et la nécessité pour les autorités monétaires de la maîtriser. Rzeczpospolita relie les travaux des lauréats à la cherté des matières premières, à l'incertitude économique et à l'évolution des taux d'intérêt, en soutenant que les anticipations sur l'avenir comptent autant que les décisions présentes.