Direction du parti et question de 2030
Le premier ministre par intérim Ilie Bolojan, qui dirige aussi le Parti national libéral (PNL), a déclaré dimanche 18 octobre sur B1 TV qu'il resterait à la tête du parti tant que ses membres le jugeraient utile. Interrogé sur la volonté de certains collègues de l'écarter, il a répondu que cette question n'était pas à l'ordre du jour pour l'instant. Il a soutenu que les décisions difficiles du parti, notamment le refus d'entrer au gouvernement et le passage dans l'opposition, avaient été prises à une majorité confortable, tout en reconnaissant que les opinions divergeaient toujours au sein du parti. Interrogé sur une candidature à l'élection présidentielle de 2030, il a indiqué qu'une telle candidature n'était pas à l'ordre du jour et a cité les législatives de 2028 comme une année importante pour le parti. Il a décrit son engagement en ces termes :
Je resterai à la tête du PNL aussi longtemps que ce parti estimera que je lui suis utile.
Bolojan a aussi classé les critiques internes par catégories. Certains membres voulaient le PNL au gouvernement pour qu'il puisse agir, un point de vue qu'il a qualifié de légitime, tandis que d'autres voulaient des postes et des avantages, une motivation qui, selon lui, n'apporterait rien au pays ni au parti. Les partisans réticents à soutenir un gouvernement dirigé par le PSD, a-t-il dit, en sont venus à considérer le vote comme une question de responsabilité et de nécessité. La fédération du PNL à Iasi a annoncé qu'elle ne soutiendrait pas l'investiture du gouvernement Niculescu, sur lequel le Parlement doit se prononcer mardi à 14 heures.
L'accusation de chantage et l'USR
L'ancien dirigeant de l'USR Catalin Drula a accusé le PNL d'avoir cédé à un chantage en décidant de soutenir l'investiture du gouvernement Niculescu. L'USR est désormais dirigée par Dominic Fritz. Bolojan a rejeté l'accusation et affirmé que le PNL avait pris une décision rationnelle pour le pays. Il a déclaré sur B1 TV que la critique est facile pour ceux qui ne portent pas la responsabilité d'une fonction :
Il est très facile d'être radical quand on n'a pas la responsabilité d'une fonction.
Bolojan a opposé l'USR et l'UDMR, qui selon lui ont tenu parole pendant les années de coalition, au PSD, qu'il a accusé de ne pas respecter les accords et d'avoir fait exploser la coalition. Il a estimé que les relations avec l'USR pouvaient encore se construire dans la période à venir, mais pas sur des calculs de court terme. Il a rappelé que les groupes parlementaires des deux partis s'étaient entendus pour coopérer.
Le gouvernement Tomac et les ministres du PSD
Bolojan a affirmé que le PNL avait eu raison de ne pas soutenir le gouvernement proposé par Eugen Tomac, après le dépôt par le PSD d'une motion de censure. Il a décrit cette formule comme un écran derrière lequel le PSD détenait des ministères sans responsabilité claire. La configuration actuelle, dans laquelle les ministres du PSD siègent dans l'équipe de Luca Niculescu, est plus transparente, a-t-il soutenu. Interrogé sur un éventuel regret de la décision antérieure, il a répondu :
Je ne le regrette pas. Je pense que nous avons maintenu une attitude cohérente.
Discipline budgétaire et hausse de la TVA
Bolojan a déclaré ne pas regretter la hausse de la TVA décidée à l'époque, arguant que la Roumanie devait présenter un plan crédible sous quinze jours ou perdre des fonds européens. Il a affirmé que le pays avait promis ces mesures pendant deux ans sans les prendre. Le taux normal de TVA est passé de 19 % à 21 % le 1er août 2025. Il a estimé que le nouveau gouvernement ne pourrait baisser la TVA que s'il réduisait aussi les dépenses, et que toute aide sur les factures d'énergie nécessite une source de financement claire. Il a reconnu que les corrections avaient réduit la consommation et que l'inflation avait érodé le pouvoir d'achat.
