Coûts records du carburant dans l'ensemble du bloc
Les prix du diesel en Europe ont atteint une moyenne de 2,23 euros le litre le 21 septembre, contre 2,16 euros une semaine plus tôt, selon les données de la Commission européenne publiées jeudi. Cette augmentation établit de nouveaux pics de prix dans 19 États membres de l'Union européenne, dont l'Allemagne, la France et l'Italie. Le Danemark et la Finlande ont enregistré les prix du diesel les plus élevés du bloc à 2,56 euros le litre, suivis par l'Allemagne à 2,46 euros, la Belgique et la France à environ 2,40 euros, et l'Italie à environ 2,30 euros. Les coûts de l'essence ont suivi des tendances similaires, le sans-plomb 95 danois atteignant jusqu'à 2,60 euros le litre, en partie en raison d'une TVA nationale de 25%. Ces prix à la pompe intègrent les droits nationaux, qui représentent en moyenne 40% du prix de détail dans l'Union européenne.
Contraintes d'approvisionnement internationales et menaces d'exportation américaines
Les hausses de prix proviennent de perturbations mondiales de l'approvisionnement liées aux conflits au Moyen-Orient et en Ukraine. Les tensions autour du détroit d'Ormuz, les attaques des Houthis contre les exportations saoudiennes en mer Rouge et les frappes de drones ukrainiens contre les raffineries russes ont réduit la production mondiale de raffinage. La pression s'est accrue après que Donald Trump a exprimé son soutien mardi à l'Assemblée générale des Nations Unies pour une éventuelle interdiction de 90 jours des exportations américaines de diesel. Les États-Unis expédient actuellement plus de 1,5 million de barils par jour, se classant comme le premier exportateur mondial de diesel. Tout arrêt modifierait directement les approvisionnements européens, le bloc ayant sourcé 50% de son diesel importé des États-Unis en août.
L'Union européenne considère avec inquiétude les informations selon lesquelles les États-Unis envisagent d'interdire les exportations de diesel. Toute perturbation risquerait d'avoir des conséquences négatives pour les deux parties.
Disparités du pouvoir d'achat des ménages
La flambée des dépenses de carburant pèse de manière inégale sur les ménages en fonction de leur lieu de résidence et des niveaux de salaires nationaux. En France, un salarié au salaire minimum brut peut acheter cinq pleins de 60 litres de diesel de moins en septembre qu'en janvier. Une analyse du travail au salaire minimum indique qu'un travailleur au Luxembourg doit travailler 5 heures, 40 minutes et 24 secondes pour s'offrir un réservoir de 50 litres de diesel à 2,08 euros le litre. En revanche, un travailleur croate gagnant un salaire minimum de 6,86 euros de l'heure doit travailler 14 heures, 53 minutes et 57 secondes pour acheter 50 litres à 2,05 euros le litre. Les populations rurales subissent l'impact le plus lourd, environ 90% des travailleurs ruraux français utilisant un véhicule personnel pour leurs déplacements quotidiens, contre moins de 60% dans les centres urbains.
Politiques fiscales nationales et mesures de soutien
Les gouvernements européens ont déployé des mesures de soutien ciblées, bien que le think tank Bruegel rapporte que les engagements financiers totaux restent inférieurs aux dépenses lors de la crise énergétique de 2022. Des pays comme l'Espagne et la Suède ont contenu la croissance des prix à la pompe grâce à des réductions substantielles des taxes sur les carburants mises en œuvre depuis fin février. Au Danemark, où les conducteurs transfrontaliers se rendent en Suède pour acheter de l'essence à 1,60 euro le litre, le gouvernement maintient les taux de taxe sur les carburants tout en offrant des abattements fiscaux pour les déplacements domicile-travail. En France, les autorités ont relevé le plafond d'exonération pour les indemnités carburant financées par l'employeur de 600 à 1 000 euros à compter du 1er octobre, et ce jusqu'au 31 décembre.
Baisser les taxes sur l'essence et le diesel n'est pas vraiment une mesure écologique. Ce serait un suicide politique pour eux.