Des assurances sur l'approvisionnement

Michael O'Leary, directeur général de Ryanair, a déclaré jeudi lors d'une conférence de presse de l'association Airlines for Europe (A4E) à Bruxelles qu'il n'y a aucun doute sur la disponibilité du carburant d'aviation en Europe cet hiver, ni jusqu'à l'été prochain, sauf événement imprévu. Les craintes de pénurie sont nées parce que les États du Golfe, grands producteurs de pétrole et de kérosène, peinent à exporter leur production pendant la guerre au Moyen-Orient. Les installations pétrolières de ces pays sont attaquées par l'Iran, lui-même visé par des frappes des États-Unis, et par les rebelles houthis du Yémen. Les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes ajoutent une pression supplémentaire, et l'Ukraine se défend contre une invasion russe depuis plus de quatre ans et demi. Les attaques contre les raffineries et les dépôts de carburant, que les sources attribuent à l'Iran et à ses relais, se multiplient.

Il n'y a aucun doute, je pense, sur la disponibilité du kérosène en Europe cet hiver, ni franchement jusqu'à l'été prochain, sauf événement imprévu.

— Michael O'Leary

Des prix qui restent élevés

Les prix du kérosène ont fortement augmenté depuis mars, et O'Leary a indiqué que la prime par rapport au brut a largement dépassé son niveau habituel. Il s'attend à ce que les prix restent élevés pendant les 12 à 18 prochains mois, citant les attaques ukrainiennes contre les raffineries russes, les attaques houthies et iraniennes contre les capacités du Moyen-Orient, ainsi que des pénuries de raffinage, de transport maritime et de capacités de raffinage. Les raffineries ailleurs dans le monde tournent à pleine capacité pour approvisionner l'Europe et les autres continents. Le kérosène est coté en moyenne à 1 550 dollars la tonne.

Historiquement, le kérosène était 10 % à 15 % plus cher que le brut de Brent. Il est actuellement coté 50 % plus haut.

— Michael O'Leary

Les avertissements du secteur aérien

Pascal de Izaguirre, qui dirige la Fnam, l'organisation professionnelle française du transport aérien, et dirige également la compagnie Corsair, a tenu un discours similaire à Paris. Il a déclaré que la sécurité de l'approvisionnement n'était pas une préoccupation pour le secteur.

Nous n'avons aucune inquiétude sur la sécurité de l'approvisionnement. C'est déjà un point positif.

— Pascal de Izaguirre

Il a averti qu'au prix actuel du pétrole, un certain nombre de vols basculent dans le rouge, c'est-à-dire deviennent fortement déficitaires. Il a indiqué que la situation s'est dégradée depuis l'intervention militaire en Iran, citant la hausse des prix du kérosène et ce qu'il a qualifié d'augmentations d'impôts ininterrompues. Les compagnies traditionnelles sont mieux placées que les compagnies à bas coûts pour absorber le choc.

Je ne vous cacherai pas que la situation n'en est pas moins très grave.

— Pascal de Izaguirre

Réductions de programme et lobbying

Ryanair a annoncé le mois dernier qu'elle réduirait son programme de vols cet hiver en raison de la hausse des coûts de carburant, et a revu à la baisse son objectif annuel de passagers, de 216 millions à 214 millions.

Objectif annuel de passagers de Ryanair (millions de passagers)
Objectif précédent216Objectif révisé214

Lors de la conférence de presse à Bruxelles, des dirigeants d'Air France-KLM, EasyJet, IAG, Lufthansa et Ryanair ont pressé l'Union européenne et ses États membres de prendre des mesures pour améliorer la compétitivité du transport aérien européen.