Une cyberattaque dès le premier jour
Le premier tour de la primaire de la gauche sociale-démocrate en France a ouvert en ligne vendredi 9 octobre à 08h00, et le scrutin, organisé uniquement par voie électronique, a été perturbé presque immédiatement. Le comité d'organisation a indiqué que l'attaque avait provoqué un « afflux massif et artificiel de connexions » qui a considérablement ralenti le processus sans l'interrompre. Seules environ 20 000 personnes avaient voté vendredi à 19h00, sur quelque 140 000 inscrits. Les organisateurs ont alors prolongé le scrutin d'un jour : il se clôture désormais dimanche à 18h00 au lieu de samedi à 20h00. La plateforme utilisée pour le vote s'appelle « e-votez » selon le parquet de Paris.
- Ouverture du vote en ligne, perturbé par une cyberattaque
- Environ 20 000 personnes ont voté
- 71 250 votants, plus de la moitié des inscrits
- 101 243 votants recensés
- 107 356 votants, plus des trois quarts des inscrits
- Clôture prévue du vote
La participation progresse samedi
Samedi à 08h00, les organisateurs recensaient 71 250 votants, plus de la moitié des inscrits. BFMTV comptait 101 243 votants à 18h00, et le comité d'organisation en dénombrait 107 356 à 22h00, soit plus des trois quarts du corps électoral. Il s'agit de décomptes provisoires aux heures indiquées, et le total continuera d'évoluer jusqu'à la clôture du vote dimanche. Patrick Mennucci, président de la commission d'organisation, a déclaré à l'AFP que les problèmes étaient terminés.
Tout est rentré dans l'ordre.
Mennucci a également indiqué que le système avait été saturé, mais que cela ne changerait pas le résultat.
Enquête et sécurité
Le parquet de Paris a ouvert vendredi une enquête via sa section de lutte contre la cybercriminalité, et l'affaire a été confiée à l'Office anti-cybercriminalité (Ofac), qui dépend de la police nationale. Les chefs d'infraction retenus incluent l'entrave à un système de traitement automatisé de données, l'accès et la modification non autorisés d'un tel système, et la participation à une association de malfaiteurs en vue de préparer un crime ou un délit puni d'au moins cinq ans d'emprisonnement. Selon des sources gouvernementales citées par RFI, l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI) a également été saisie. Olivier Faure et Raphaël Glucksmann ont tous deux écrit sur X que l'intégrité du vote de la journée n'avait pas été compromise. Dans un entretien à La Tribune Dimanche, Mennucci a déclaré que le prestataire choisi, présenté comme le principal en France, n'avait jamais été confronté à une attaque d'une telle ampleur.
Nous faisons clairement face à une attaque contre la démocratie française, qui dépasse largement la primaire des socialistes.
Il a également affirmé qu'aucun bot n'avait pu voter.
Candidats et enjeux
Cinq candidats figurent sur le bulletin : Raphaël Glucksmann, député européen de Place publique et favori, Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, Ségolène Royal, candidate à la présidentielle de 2007, le député socialiste Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel, député de la Gauche républicaine et socialiste (GRS). Selon RFI, Glucksmann est crédité de 10 à 12 % des intentions de vote à la présidentielle et espère l'emporter dès le premier tour, tandis que Faure se situe entre 3 et 5 %. La primaire de 2012, qui avait ouvert la voie à la victoire de François Hollande, avait réuni entre 2,6 et 2,8 millions de votants. Le scrutin intervient quelques mois avant l'élection de 2027 destinée à succéder à Emmanuel Macron, où la figure de l'extrême droite Marine Le Pen caracole dans les sondages malgré une condamnation pour détournement de fonds publics.
La suite
Le vote se clôture dimanche à 18h00, et le résultat est attendu peu après. Si un second tour est nécessaire, il se tiendrait les 16 et 17 octobre. Selon RFI, la participation a jusqu'ici dépassé les attentes, même si la primaire reste loin du scrutin de 2012. Tous les chiffres cités sont des décomptes provisoires relevés avant la clôture : le total définitif n'est pas encore connu.