Lancement prévu depuis Tanegashima

L'agence spatiale japonaise JAXA prévoit d'envoyer la sonde Martian Moons eXploration (MMX) dans l'espace à bord d'une nouvelle fusée H3 depuis le centre spatial de Tanegashima. Deutsche Welle et la BBC indiquent lundi 19 octobre comme jour du lancement, tandis que la NZZ et The Independent donnent mardi 20 octobre : la date est donc rapportée de façon contradictoire. Deutsche Welle situe le décollage à 21 h 41 heure d'Europe centrale, alors que The Verge donne 14 h 41 heure de l'Est pour le même lancement. La H3 doit devenir un lanceur central pour le Japon, et Mitsubishi Heavy Industries la construit.

Un premier aller-retour dans le système martien

Si la mission réussit, ce serait la première fois qu'un échantillon est rapporté de Mars ou de ses lunes pour être analysé dans des laboratoires sur Terre, selon la BBC. La sonde doit atteindre l'orbite martienne en août 2027, où elle tournera autour de Phobos avant de tenter un atterrissage à sa surface. Deutsche Welle rapporte qu'elle doit prélever au moins 10 grammes de matière pendant un séjour d'environ trois ans dans le système martien. La capsule d'échantillons doit revenir sur Terre en 2031, et le projet devrait durer cinq ans au total, selon The Independent. Kiyoshi Kuramoto, chercheur principal de MMX, a déclaré que l'équipe pourra presque certainement aboutir à une conclusion en analysant le sol de Phobos.

Jalons de la mission MMX tels que rapportés avant le lancement
  1. Décollage H3 prévu depuis Tanegashima à 21 h 41 heure d'Europe centrale, selon Deutsche Welle
  2. La sonde doit atteindre l'orbite martienne et Phobos
  3. La capsule d'échantillons doit atterrir à Woomera, en Australie-Méridionale

Origines des deux lunes

Phobos et Deimos sont toutes deux petites et irrégulières, Phobos mesurant environ 20 km de diamètre et Deimos environ 10 km, selon la BBC. Les scientifiques ne s'accordent pas sur leur origine : une hypothèse veut qu'un grand corps céleste ait frappé Mars et que les lunes se soient formées à partir des débris, l'autre qu'il s'agisse d'astéroïdes capturés par la gravité de Mars. Phobos a été choisie comme cible de prélèvement principalement parce qu'elle orbite plus près de Mars que Deimos et pourrait porter davantage d'informations sur la planète, ont indiqué des responsables de la JAXA. Environ 0,1 % de la matière collectée sur Phobos devrait provenir de Mars elle-même, selon la JAXA. Kuramoto a ajouté que les échantillons de Phobos pourraient aussi éclairer Deimos, les deux lunes étant supposées avoir des origines similaires.

Atterrir sur une lune minuscule

La sonde MMX étudiera Deimos à son arrivée puis se concentrera sur Phobos, et elle prévoit de déposer un petit rover nommé Idefix pour repérer un site d'atterrissage. Idefix est une coproduction du centre aérospatial allemand DLR et du CNES français, et une fois au sol il déploiera un bras robotique et deux préleveurs pour collecter la poussière lunaire. La matière prélevée sera conditionnée dans une petite capsule qui atterrira dans le désert de Woomera, en Australie-Méridionale, en 2031. Sara Russell, scientifique au Natural History Museum et responsable adjointe de l'analyse des échantillons de la mission, a décrit le plan d'ensemble dans l'entretien accordé à la BBC.

Je trouve cette mission incroyablement ambitieuse et passionnante.

— Sara Russell

Le rôle du Japon dans la course spatiale

Selon la NZZ, le Japon s'affirme comme puissance spatiale, des entreprises comme Canon, Honda et la start-up Interstellar Technologies portant elles aussi des projets de lancement. La Nasa et d'autres agences spatiales nationales fournissent des équipements et un soutien aux communications pour la mission dirigée par le Japon, selon The Independent. Les États-Unis, la Chine et d'autres pays envisagent d'envoyer des astronautes vers Mars, ce qui accroît l'intérêt des échantillons de Phobos pour de futures missions habitées. Yasuhiro Kawakatsu, chef de projet de MMX, a déclaré que les lunes n'avaient jamais été pleinement étudiées.

Malgré leur importance potentielle, les lunes de Mars n'ont jamais été pleinement étudiées.

— Yasuhiro Kawakatsu