L'avertissement de Muñoz sur le système
Ester Muñoz, porte-parole parlementaire du PP, a déclaré mardi 13 octobre, dans un entretien au podcast Quórum, que le système public de retraites ne tiendra pas dans sa forme actuelle. Elle a fait valoir que ce système avait été conçu pour une pyramide des âges qui n'existe plus, et que les travailleurs qui arrivent aujourd'hui sur le marché du travail gagnent trop peu pour financer les retraites des baby-boomers, la génération à laquelle appartiennent ses propres parents. Son équipe a indiqué à laSexta que le podcast avait été enregistré fin septembre. Ester Muñoz a affirmé que ces retraités méritent ce qui leur a été promis, mais que le modèle « doit être changé parce qu'il ne fonctionne pas ».
- Ester Muñoz déclare sur le podcast Quórum que le système va s'effondrer
- Feijóo promet de revaloriser les retraites selon l'IPC lors d'un meeting à Huesca
- Le PSOE accuse le PP de vouloir privatiser les retraites
Le système, tel qu'il est actuellement, va s'effondrer.
L'engagement de Feijóo d'indexer les retraites
Alberto Núñez Feijóo, le leader du PP, a tenu un discours différent le même jour. Dans un entretien à esRadio et lors d'un meeting de campagne à Huesca mardi 13 octobre, il a affirmé qu'un gouvernement du PP actualiserait les retraites en fonction de l'indice des prix à la consommation (IPC) et ne remettrait « en aucun cas » en cause le système public de retraites. Il a promis de garantir la viabilité du système pour les jeunes, sans expliquer comment. Lors du meeting de Huesca, il a formulé sa position ainsi.
Celui qui cotise a une retraite, et nous garantirons l'actualisation en fonction de l'indice des prix à la consommation.
Juan Bravo, secrétaire général adjoint du PP chargé des finances, a déclaré dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux que le parti avait « toujours » soutenu la revalorisation des retraites. D'autres articles ont souligné que le PP avait voté contre la revalorisation au sein de décrets omnibus. Vox, qui partage des gouvernements régionaux avec le PP dans cinq régions, qualifie le système public de « zombie » et défend un modèle mixte de capitalisation avec des retraites individuelles. Santiago Abascal, le leader de Vox, a nié toute intention de privatiser les retraites.
Les socialistes accusent le PP de vouloir privatiser
Le PSOE a répondu dans un communiqué de parti que le PP « commençait à montrer son véritable modèle de retraites », fondé sur « la réduction et la destruction des droits ». Le parti a affirmé que les premiers appelés à faire des sacrifices seraient les retraités. Rebeca Torró, secrétaire à l'organisation du PSOE, a écrit sur X que la position du PP équivaut à un projet de privatisation du système.
Quand le PP dit que le système de retraites doit être réformé, cela signifie le privatiser, comme ses partenaires de Vox.
Le PSOE a soutenu que le gouvernement de Pedro Sánchez a garanti par la loi la revalorisation des retraites et fait passer le fonds de réserve de 5 000 millions d'euros en 2018 à 20 000 millions d'euros aujourd'hui. Il a également accusé Feijóo de présenter comme une promesse électorale une mesure déjà inscrite dans la loi, et affirmé que le PP n'avait pas soutenu les hausses de retraites au Congrès pendant huit ans.
Dépenses et perspectives à l'horizon 2050
Les données de la Sécurité sociale citées par EL PAÍS montrent que les dépenses de retraites contributives ont atteint 189 598 millions d'euros en 2025. C'est 6,2 % de plus que les 178 500 millions d'euros de 2024 et 13,1 % de plus que les 168 000 millions d'euros de 2023. Le gouvernement situe l'impact des dépenses de retraites à 15,3 % du PIB à son pic en 2050.
La suite
Les élections générales sont fixées au 29 novembre, et le gouvernement réfléchit à la manière de traiter la revalorisation des retraites pour 2027 en parallèle du scrutin anticipé. Les retraites devraient dominer les dernières semaines de la campagne. Chaque parti devra expliquer dans son programme comment il entend réduire le déficit structurel sans perdre les électeurs âgés.