Deux réponses turques en quelques heures

La station hydrographique grecque d'Héraklion a émis un NAVTEX tard jeudi 15 octobre pour l'exercice multinational Eunomia, prévu le 19 octobre dans les eaux au sud de Kastellorizo. La Turquie a répondu vendredi 16 octobre par un contre-avis émis depuis sa station d'Antalya, qui soutient que la zone relève de la responsabilité turque et non grecque. Athènes maintient qu'Héraklion est la seule station compétente pour les avis de sécurité dans cette partie de la FIR d'Athènes et du plateau continental grec, dans le cadre de l'Organisation maritime internationale. Ankara a ensuite réémis son propre avis pour la même zone d'exercice, répétant sa revendication avec les coordonnées déjà annoncées par la Grèce. Selon Skai, l'exercice, mené avec la France, l'Italie et Chypre depuis 2020, s'achève le 22 octobre, tandis que l'avis grec mentionne le 19 octobre.

Avis maritimes grecs et turcs, 15 et 16 octobre 2026
  1. La station grecque d'Héraklion émet un NAVTEX pour l'exercice Eunomia du 19 octobre
  2. La station turque d'Antalya émet un contre-NAVTEX revendiquant la zone
  3. La Turquie émet un second contre-NAVTEX contre un NAVTEX chypriote pour une étude du câble EMC

L'avis chypriote sur l'étude

Chypre a émis son propre NAVTEX pour des études géophysiques par le navire S/V Kobi Ruegg du 21 octobre au 2 novembre, à l'intérieur de sa zone économique exclusive. Les travaux concernent le câble de données East to Med Corridor (EMC), censé relier l'Arabie saoudite à Chypre puis à la Grèce. Le contre-avis turc n° 1020/26, émis depuis Antalya le 16 octobre, affirme que la zone se trouve sur le plateau continental turc, dont les limites extérieures ont été notifiées aux Nations unies le 18 mars 2020, et qualifie la station de Larnaca de non autorisée. L'avis précise également que l'usage du nom Chypre ne vaut pas reconnaissance de l'administration chypriote grecque, et qu'il doit expirer à 00h01Z le 3 novembre. Kathimerini rapporte que la société allemande FUGRO Germany a obtenu une licence chypriote pour le projet EMC quelques jours plus tôt seulement. Le même journal rappelle que le 6 août 2025, la frégate de la marine turque Gediz a harcelé le navire d'étude Fugro Gauss alors qu'il travaillait sur le câble dans la ZEE chypriote.

Le tracé du câble et le navire d'étude français

Le gouvernement grec a indiqué que Nexans, l'entreprise française chargée du projet d'interconnexion Grèce-Chypre, n'a déposé ses demandes d'étude des fonds marins qu'auprès des autorités grecques, et qu'aucun accord n'a été conclu avec un autre pays. Le navire battant pavillon français Abeille Marengo prévoit d'étudier les fonds marins entre la Crète et Chypre. Selon Deutsche Welle, les autorités grecques devraient achever les autorisations et émettre le NAVTEX sous une quinzaine de jours, les travaux devant se dérouler de fin octobre au 31 décembre 2026. L'état-major des garde-côtes grecs indique qu'une demande a été déposée pour un usage exceptionnel du navire dans les eaux territoriales grecques. Ankara exige une coordination et un consentement écrits préalables pour les travaux sur les fonds marins dans la portion qui, selon elle, traverse son plateau continental, et attend de la France, en tant qu'État du pavillon, qu'elle coordonne au préalable par les canaux diplomatiques. Athènes ne juge pas ces objections fondées. Hurriyet, cité par Deutsche Welle, affirme que l'issue dépend de la notification préalable de Paris à Ankara.

La Libye et le différend plus large

Hurriyet, cité par Deutsche Welle, fait également état de frictions croissantes entre Athènes et Tripoli au sujet de l'exploration pétrolière et gazière autour de la Crète. Au 16 octobre, le gouvernement libyen avait adressé à Athènes une note diplomatique sur la question. La question de savoir si la France franchira l'étape attendue par Ankara reste non tranchée dans les informations disponibles, et la position turque sur le câble dépendra de cette réponse.