La commission parlementaire ouvre l'examen du budget

La commission des finances de l'Assemblée nationale a entamé mercredi l'examen du budget de l'État pour 2027, en se penchant sur la partie recettes du projet de loi. Le texte, présenté officiellement par le gouvernement le 1er octobre, vise à ramener le déficit public français à 5 % du produit intérieur brut en 2027. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a réaffirmé cet objectif budgétaire lors d'une allocution prononcée mercredi soir depuis l'hôtel de Matignon. Les députés ont déposé près de 1 800 amendements pour l'examen en commission, une étape préparatoire avant les débats en séance publique. Le 13 octobre, l'ensemble de l'hémicycle repartira de la version initiale du gouvernement et ouvrira les débats dans l'hémicycle.

Legislative timeline of the 2027 French budget review
  1. Government formally presents the draft 2027 finance bill
  2. Finance Committee opens debate on budget revenues
  3. Deputies eliminate the pension tax cut and rewrite capital contribution rules
  4. Plenary debate scheduled to begin in the National Assembly chamber

Échec sur l'abattement fiscal des retraités

Les parlementaires ont rejeté rapidement l'une des principales mesures de recettes du gouvernement, destinée à réduire l'avantage fiscal accordé aux retraités. L'exécutif proposait d'abaisser le plafond de la déduction fiscale de 10 % dont bénéficient les retraités de 4 439 euros à 3 000 euros, un ajustement qui devait rapporter 1,4 milliard d'euros à l'État. La mesure devait se combiner avec une désindexation de certaines pensions sur l'inflation dans le budget de la Sécurité sociale, afin que les retraités participent au redressement des finances publiques. Une alliance de députés de La France insoumise, du Rassemblement national et de fractions du bloc majoritaire a voté la suppression pure et simple de la disposition. Ses opposants jugeaient que cette réduction pénalisait injustement les retraités modestes, le député communiste Nicolas Sansu critiquant l'impact sur les ménages à faibles revenus.

Un ménage de deux personnes qui gagnent chacune 1 250 euros par mois sera touché par cette hausse d'impôt.

— Nicolas Sansu

Le président du groupe MoDem, Marc Fesneau, a réagi au vote en commission en défendant la nécessité de répartir l'effort de redressement des comptes publics.

Le rétablissement des comptes ne peut pas reposer uniquement sur ceux qui travaillent.

— Marc Fesneau
Retiree income tax allowance ceiling comparison (€)
Current ceiling4 439Government proposal3 000

Réécritures fiscales et débats sur l'impôt sur la fortune

Au-delà de la déduction fiscale des retraités, la commission a remanié plusieurs articles fiscaux au cours de ses deux premiers jours de travaux. Les députés ont voté la réduction du crédit d'impôt pour les services à la personne et approuvé de nombreuses modifications à la réforme gouvernementale des transferts d'apports en capital. En revanche, les parlementaires ont validé une mesure annoncée par Sébastien Lecornu portant de 31 865 euros à 50 000 euros le seuil exonéré des dons familiaux, en allongeant sa durée. Les députés de gauche ont coordonné leurs efforts pour porter des alternatives visant les hauts patrimoines, notamment des réécritures de l'impôt sur la fortune et de la taxe Zucman. La proposition Zucman prévoyait d'instaurer un impôt plancher sur les ménages dont le patrimoine dépasse 100 millions d'euros, afin de contrer l'évitement fiscal. Ces initiatives de taxation du patrimoine n'ont pas obtenu de majorité en commission, même si les députés de gauche se sont joints au gouvernement jeudi pour préserver une disposition ciblée visant les contribuables les plus aisés.

Dépenses supplémentaires et ajustements dans la fonction publique

Les modifications approuvées en commission ont ajouté près de 4 milliards d'euros de dépenses publiques en moins de 48 heures, selon le ministre chargé des Comptes publics, David Amiel. Les débats en commission doivent se poursuivre au moins jusqu'à vendredi soir, le temps que les parlementaires examinent les amendements restants. Parallèlement aux amendements parlementaires, l'exécutif a esquissé dans le projet de loi pour 2027 des pistes de réduction des coûts de fonctionnement des administrations. L'équipe de Sébastien Lecornu a examiné début septembre d'éventuelles baisses de salaire pour les ministres et les conseillers ministériels, tandis que le texte prévoit des réductions de dépenses pour les services de Matignon. Le ministère des Finances prévoyait aussi de modérer en 2027 les suppressions de postes de fonctionnaires dans ses services, en revoyant à la baisse les taux de réduction précédents sans arrêter les suppressions de postes.