Une huitième province touchée
Le ministère congolais de la Santé a annoncé dimanche 18 octobre que deux cas, dont un décès, avaient été enregistrés dans la province du Nord-Ubangi, frontalière de la République centrafricaine. Les deux patients étaient des hommes d'une vingtaine d'années vivant dans la zone de santé de Wapinda, limitrophe de la province du Bas-Uele, où des cas avaient déjà été signalés. Le Nord-Ubangi se situe entre le Sud-Ubangi et le Bas-Uele, les deux provinces que la maladie avait atteintes auparavant le long de cette frontière. Deux cas dans la province avaient été rapportés le jeudi 15 octobre, selon deux responsables sanitaires, avant toute déclaration officielle du gouvernement. L'institut national de santé publique a confirmé les infections et désigné la huitième province touchée, qui rejoint le Nord-Kivu, l'Ituri, le Haut-Uele, la Tshopo, le Sud-Kivu, le Bas-Uele et le Sud-Ubangi.
Bilan et foyers principaux
Le dernier rapport de situation, couvrant les 24 heures jusqu'au 16 octobre, établit le total cumulé à 9 415 cas et 4 536 décès depuis la déclaration de l'épidémie à la mi-mai. Cette journée a ajouté 67 nouveaux cas confirmés et 26 décès, l'Ituri en rapportant 44. Des rapports antérieurs faisaient état d'au moins 9 400 cas et de plus de 4 500 décès. L'Ituri reste l'épicentre, avec près des trois quarts des cas confirmés, et les données gouvernementales font état de 66 zones de santé touchées depuis le début de l'épidémie. La souche est Bundibugyo, pour laquelle il n'existe ni vaccin ni traitement approuvés.
Mohamed Yakub Janabi, directeur régional de l'OMS pour l'Afrique, s'est entretenu avec l'Associated Press à Beni, dans l'est de la RDC, le vendredi 16 octobre.
Nous voyons des foyers d'Ebola généralement en baisse, mais malheureusement, géographiquement, la maladie s'étend.
Il a déclaré que convaincre les malades de se faire soigner constituait l'un des principaux défis et que certains décès survenaient dans des communautés, hors des centres de santé.
Le huitième cas kényan
Le directeur général de la santé du Kenya, Patrick Amoth, a déclaré à Citizen TV que 38 personnes avaient été testées dimanche et qu'une s'était révélée positive. Le nouveau patient, un homme de 49 ans employé comme aide-soignant chargé du nettoyage des ustensiles et du linge, a probablement été exposé au premier cas kényan. Ce patient, un homme venu de RDC à Nairobi, est mort dans un hôpital de Nairobi le 5 octobre. Le ministère avait signalé quatre nouveaux cas le samedi 17 octobre : trois soignants ayant pris en charge le premier patient et une personne apparentée à l'homme décédé. M. Amoth a indiqué que les six autres patients étaient stables après un traitement symptomatique.
Il s'agit d'un homme de 49 ans qui n'est pas un soignant.
- Déclaration de l'épidémie à la mi-mai
- Le premier cas kényan, un homme venu de RDC, meurt dans un hôpital de Nairobi
- Deux cas dans le Nord-Ubangi rapportés le jeudi, selon des responsables sanitaires
- Le dernier rapport de situation en RDC couvre les 24 heures jusqu'au 16 octobre, avec 67 nouveaux cas confirmés
- Le Kenya signale quatre nouveaux cas, dont trois soignants
- La RDC confirme une huitième province et le Kenya son huitième cas
- L'interdiction d'entrée au Nord-Kivu pour les personnes venant d'Ituri doit prendre effet
Propagation régionale et mesures
L'Ouganda a enregistré 20 cas confirmés, dont 15 importés de RDC, et deux décès avant d'être déclaré exempt d'Ebola en août. La province du Nord-Kivu, où l'OMS indique qu'une transmission importante se poursuit, instaure à partir du lundi 19 octobre une interdiction d'une semaine d'entrée pour les personnes venant d'Ituri. Parmi les autres mesures figurent des limitations du nombre de passagers dans les voitures et sur les motos, ainsi que la suspension des grands rassemblements publics, selon l'agence de presse publique ACP. La République centrafricaine ne compte aucun cas confirmé, mais les violences armées y ont contraint des milliers de personnes à fuir vers des localités congolaises frontalières.
Pourquoi l'épidémie continue de s'étendre
L'accès à la région frontalière est difficile en raison du mauvais état des routes et de réseaux de communication limités. La propagation est alimentée par les mouvements massifs de population, la violence des groupes rebelles, la méfiance et les mauvaises conditions de travail des soignants de première ligne. Bundibugyo est moins courant que le virus Ebola Zaïre et n'avait provoqué que deux épidémies auparavant : en Ouganda en 2007-2008, avec 149 personnes infectées et 37 mortes, et à Isiro, en RDC, en 2012, avec 57 cas et 29 décès.