La perquisition et le mandat

Les agents ont emporté des cartons de documents du domicile de Washington, D.C., que la représentante du Minnesota Ilhan Omar utilise comme résidence dans la capitale, une perquisition que le ministère de la Justice a présentée comme menée en vertu d'un mandat autorisé par un juge dans le cadre d'une enquête en cours sur l'immigration. Le ministère n'a pas précisé la portée ni l'objet du mandat. Le Washington Post, citant trois personnes proches du dossier, rapporte que le mandat porte sur des accusations selon lesquelles Omar ou son défunt père auraient menti sur des documents d'immigration vieux de plusieurs décennies pour obtenir un statut légal puis la nationalité américaine.

Selon les mêmes informations, les agents cherchent surtout à savoir si Omar ou son père, Nur Omar Mohamed, ont intentionnellement indiqué une fausse date de naissance afin qu'elle puisse obtenir la nationalité par son intermédiaire alors qu'elle était mineure, lorsqu'il a été naturalisé en 2000. Omar est arrivée aux États-Unis en 1995 comme réfugiée de Somalie, à l'âge de 12 ans selon Axios.

La réponse d'Omar et les propos de Trump

Omar a rejeté ces accusations dans un communiqué, les qualifiant de « mensonges sans fondement et de campagnes de diffamation », et a nié à plusieurs reprises toute irrégularité en matière d'immigration. Dans une publication sur les réseaux sociaux, elle a écrit que Trump la poursuivait depuis dix ans.

Ce n'est qu'un nouvel épisode de sa campagne d'intimidation politique. Il ne me fera pas taire.

— Ilhan Omar

Trump a déclaré qu'il comprenait que les autorités l'examinaient « de très près » et l'a qualifiée de « personne épouvantable », ajoutant que l'affaire relevait du ministère de la Justice et qu'il n'y était « pour rien ». Mardi, il l'a de nouveau condamnée sur les réseaux sociaux, écrivant que « l'Amérique veut des réponses, et nous les voulons, MAINTENANT ! »

Enquête parallèle et assignations à comparaître de la famille

La procureure fédérale Jeanine Pirro a déclaré à Fox News que son bureau avait ouvert une enquête distincte sur les déclarations financières d'Omar, un sujet que les républicains de la Chambre avaient déjà soulevé. Des enquêteurs fédéraux ont également délivré des assignations à comparaître à certains proches d'Omar, selon des personnes proches du dossier. Sa sœur, Sahra Noor, professionnelle de santé et autrice, en a reçu une, tout comme au moins un autre membre du cercle familial, rapporte le New York Times. Les assignations à comparaître devant un grand jury servent à recueillir des éléments sur d'éventuels délits et ne signifient pas que leurs destinataires sont sous le coup d'une enquête.

Réactions des démocrates et des critiques

Les dirigeants démocrates de la Chambre, dont le chef de la minorité Hakeem Jeffries, ont jugé la perquisition alarmante et estimé qu'elle soulevait de sérieuses questions sur « l'instrumentalisation corrompue » du gouvernement fédéral contre les opposants à Trump. Axios rapporte que les démocrates craignent d'autres « surprises d'octobre » avant les élections de mi-mandat, la représentante Becca Balint déclarant : « Nous nous attendons à d'autres épisodes de ce genre. » Un élu républicain a salué la perquisition et déclaré que si la fraude était prouvée, Omar devrait être déchue de sa nationalité et expulsée.

Des juristes cités par le Washington Post soutiennent que ces actions ont les caractéristiques d'une entreprise d'intimidation visant non seulement les élus démocrates mais aussi les citoyens naturalisés qui peuvent voter légalement. Omar est candidate à sa réélection en novembre dans une circonscription considérée comme acquise aux démocrates.

Éléments de contexte

Omar a été élue pour la première fois au Congrès en 2018 aux côtés de Rashida Tlaib, devenant avec elle la première femme musulmane à siéger à la Chambre, et elle a été réélue il y a deux ans avec 74 % des voix, selon la BBC. Son troisième mari devait être un consultant politique dont le cabinet a reçu près de trois millions de dollars de sa campagne, un détail rapporté par la Neue Zürcher Zeitung. Trump l'attaque depuis des années, et le Washington Post note que le vaste scandale de fraude du Minnesota impliquant des Américains d'origine somalienne a conduit à un afflux d'agents de l'immigration dans l'État plus tôt cette année.

Principales étapes de l'enquête sur Omar
  1. Homeland Security Investigations a rouvert l'examen du parcours migratoire d'Omar
  2. Des agents ont exécuté un mandat de perquisition autorisé par un juge au domicile d'Omar à Washington
  3. Le ministère de la Justice a confirmé la perquisition ; des proches auraient reçu des assignations à comparaître