Le roi maintient De Wever en fonction
La Belgique a évité une chute du gouvernement le vendredi 6 novembre, lorsque le Palais royal a annoncé que le roi Philippe avait rejeté la démission du Premier ministre Bart De Wever. De Wever avait proposé de quitter ses fonctions le lundi 2 novembre, après l'échec des discussions au sein de la coalition de cinq partis sur un projet de budget prévoyant 10 milliards d'euros de coupes. Le roi avait pris la démission en délibéré et, dans les jours qui ont suivi, a rencontré les présidents des cinq partis de la majorité. Le palais a indiqué que le roi avait demandé à De Wever de reprendre immédiatement les négociations budgétaires et de faire rapport le lundi 16 novembre. Selon Telegraaf, accepter la démission aurait ouvert la perspective d'élections anticipées, un scénario que la décision du roi écarte pour l'instant.
- De Wever propose sa démission au roi
- Le roi rejette la démission et ordonne la reprise des négociations
- De Wever doit faire rapport au roi
Ce à quoi les présidents de parti se sont engagés
Selon le palais, chacun des cinq présidents de parti a réaffirmé sa détermination à parvenir à un accord sur une trajectoire budgétaire solide pour les trois prochaines années. Le roi a obtenu un engagement formel des partis à faire des concessions pour aboutir à un accord au sein du gouvernement. Le palais a également indiqué que le roi avait souligné la nécessité de concilier la préservation de la cohésion sociale et le rétablissement de la croissance économique. Chaque président de parti s'est engagé à faire primer l'esprit de compromis et le sens des responsabilités. Selon Telegraaf, la coalition n'est pas parvenue à s'entendre sur le paquet d'économies qu'exige le budget 2027.
Pourquoi l'échéance compte
VRT NWS rapporte que le délai de 10 jours est plus court que l'an dernier, lorsque De Wever avait demandé 50 jours et en avait finalement eu besoin de 18. Le politologue Bart Maddens estime que ce délai court est nécessaire pour maintenir la pression sur la coalition, car les douzièmes provisoires suppriment l'échéance naturelle.
À cause des douzièmes provisoires, l'échéance naturelle disparaît.
Les douzièmes provisoires, souvent appelés budget d'urgence, permettent au gouvernement de dépenser chaque mois un douzième des crédits de l'année précédente, ce qui couvre les pensions et les salaires des fonctionnaires et évite une paralysie comme celle observée aux États-Unis. Ce système est généralement activé pour trois mois, soit ici jusqu'en mars. De Wever a qualifié d'échec absolu le fait que son gouvernement ait besoin d'un budget d'urgence pour la deuxième année consécutive, alors que moins d'un mois plus tôt il avait déclaré qu'il ne l'accepterait pas. Il n'a pas d'autre option, notent les articles.
Questions ouvertes sur le format
VRT NWS rapporte que le roi ne propose pas de nouvelle formule de négociation. Une option évoquée était d'associer directement les présidents de parti, une approche privilégiée par le président du MR Georges-Louis Bouchez, même si plusieurs partis s'y sont montrés peu favorables. VRT NWS s'est demandé si l'atmosphère à la table s'améliorerait si Bouchez et Conner Rousseau, de Vooruit, se parlaient en face à face, et a conclu que De Wever lui-même doit rapprocher le MR et Vooruit. Selon 7sur7, l'atmosphère au sein de la coalition Arizona reste tendue, Maxime Prévot appelant à un effort collectif et rejetant la lecture de la crise faite par le MR, qui accuse les autres partis de refuser de nouvelles mesures d'économies.