Affrontements à Bruxelles et à Liège
Des étudiants et des collectifs de jeunes ont appelé à des manifestations à Bruxelles et à Liège le 17 octobre 2026 contre l'austérité gouvernementale, la hausse des frais de scolarité et les conditions dans les établissements, dans le sillage des protestations en France. Une centaine de jeunes se sont rassemblés près de la Gare Centrale à Bruxelles vers 10h00, et le cortège a grossi jusqu'à plusieurs centaines de personnes, majoritairement jeunes, avant qu'une marche ne soit autorisée vers la Gare du Midi. La police a indiqué que certains manifestants avaient lancé des bouteilles, des feux d'artifice et d'autres objets, et que les agents avaient riposté au gaz lacrymogène et au canon à eau. Les affrontements se sont déplacés place de la Bourse, où, entre 18h00 et 19h00, la police a chargé un groupe et utilisé du gaz lacrymogène pour le disperser. La police a chiffré à une dizaine le nombre d'interpellations à Bruxelles, d'autres sources faisant état de dizaines de personnes détenues et blessées.
- Manifestation syndicale d'environ 30 000 personnes selon la police, suivie d'affrontements avec de jeunes manifestants
- Une centaine de jeunes se rassemblent près de la Gare Centrale
- Calme signalé dans le centre de Bruxelles, puis nouveaux affrontements
- La police charge et utilise du gaz lacrymogène place de la Bourse, les affrontements reprennent entre 18h00 et 19h00
- Le calme revient dans le centre de Bruxelles, la police surveille les abords de la place de la Bourse
Attaques contre des permanences de parti et réaction du gouvernement
Des poubelles ont été renversées et incendiées, des vélos et trottinettes en libre-service abandonnés sur la chaussée, et au moins trois voitures auraient été brûlées. Les vitres du siège de la fédération bruxelloise du Parti socialiste (PS) ont été brisées pendant les troubles. Le parti a condamné l'attaque sur X dans un communiqué :
Le saccage du siège de la fédération bruxelloise du PS est inacceptable et doit être fermement condamné.
Ahmed Laaouej, responsable socialiste local, a mis en cause une minorité d'individus irresponsables qui se sont mêlés à la marche des jeunes. Le ministre belge de l'Intérieur, Bernard Quintin, a écrit sur X que tous les moyens nécessaires seraient employés pour rétablir l'ordre et que ce qui se déroulait à Bruxelles n'était plus une simple manifestation. Le ministère de l'Intérieur a imputé les troubles à une violence organisée.
Mobilisations antérieures à Bruxelles et à Liège
Les tensions bruxelloises se sont accumulées depuis une manifestation syndicale le 9 octobre 2026, que la police a chiffrée à environ 30 000 personnes, lorsque de jeunes manifestants affirmant avoir été pris pour cible par la police se sont joints à la marche, suivie d'affrontements. À Liège, selon les informations disponibles, le secteur central où la police a utilisé le canon à eau le 17 octobre avait déjà connu violences et destructions une dizaine de jours plus tôt. Des étudiants de plusieurs grandes villes belges manifestent depuis début octobre contre la récente hausse des frais d'inscription à l'université, selon une source. Les manifestations belges ont été en partie déclenchées par des rassemblements similaires en France, nés de questions de financement et de conditions dans les écoles avant de s'élargir aux inégalités sociales et aux dépenses publiques.
La France et la vague plus large
En France, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a déclaré en conférence de presse que 400 personnes avaient été interpellées à ce jour, majoritairement des adultes, et que 60 policiers avaient été blessés, dont deux transportés inconscients à l'hôpital. Il a chiffré la participation à 550 000 personnes dans 110 manifestations, dont 110 000 à Paris, tandis que la CGT et d'autres organisateurs ont évoqué 800 000 participants. La CGT avait d'abord estimé la participation à 500 000 à 17h00 et a revu son chiffre à la hausse après la remontée des comptages de plusieurs grandes villes. M. Nuñez a mis en cause des groupes d'ultragauche et rejeté l'idée que les tactiques policières aient causé les violences, avertissant que la journée n'était pas terminée. Selon les informations disponibles, des émeutiers sont entrés dans la mairie du 10e arrondissement de Paris, où la maire Alexandra Cordebard a demandé à la police d'évacuer le bâtiment, et la mairie de Limoges a été incendiée.
Le calme revient, les questions demeurent
Le calme est revenu dans le centre de Bruxelles vers 20h00, selon la police, qui a maintenu une surveillance place de la Bourse et dans les rues adjacentes. La police a indiqué qu'une dizaine de personnes avaient été détenues dans la journée à Bruxelles. La CGT a appelé le gouvernement français à mettre fin à la répression et à répondre aux revendications sur le pouvoir d'achat.