Trump exclut des frappes avant les élections de mi-mandat
Le président américain Donald Trump a déclaré jeudi, dans un message publié sur son compte de réseau social, que les États-Unis n'attaqueraient pas l'Iran avant les élections de mi-mandat du 3 novembre. La Maison-Blanche a indiqué que l'offensive contre l'Iran était gelée et ne commencerait pas avant le scrutin. Cette décision a contribué à détendre les marchés de l'énergie et le prix du brut Brent, tandis que les sanctions et la ligne dure de l'administration restent en place.
Dans le même message, Trump a affirmé que l'Iran se trouvait dans une très mauvaise situation économique et militaire et que le blocus dans le détroit d'Ormuz restait en vigueur. Il a dit que les États-Unis menaient des discussions productives avec la République islamique d'Iran, sans donner de détails.
Lors d'un événement à la Maison-Blanche, Trump a déclaré que le conflit prendrait fin bientôt, d'une manière ou d'une autre, et que les prix des carburants baisseraient nettement. Il a également soutenu que l'Iran manquait de moyens pour se battre, et a déclaré :
Ils n'ont pas d'armée, ils n'ont pas de marine, ils n'ont pas d'armée de l'air, ils n'ont pas de systèmes antiaériens.
Planification du Pentagone et arsenal iranien
Malgré cet engagement public, La Libre a rapporté, citant plusieurs responsables américains s'exprimant sous couvert d'anonymat, que le Pentagone travaille à une campagne de bombardements de grande ampleur contre la République islamique. Le New York Times, cité par Deutsche Welle, a rapporté que les forces américaines préparaient des options pour relancer des opérations de combat de grande envergure et que trois porte-avions devaient rejoindre le Moyen-Orient. Des responsables cités par le Times ont indiqué que le Pentagone et l'équipe de sécurité nationale avaient soumis cinq propositions d'opérations de grande ampleur contre l'Iran et les Houthis au Yémen ces derniers mois, et que Trump avait opposé son veto à chacune d'elles.
Des responsables proches du dossier ont indiqué que l'Iran avait préservé ses usines de missiles et de drones malgré des mois de bombardements américains et israéliens, ce qui lui permet de reconstituer ses arsenaux pendant que Trump retient les frappes. Le même jeudi, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a déclaré que les États-Unis ne cherchaient pas à bâtir un nouvel État en Iran ni à déployer d'importantes forces terrestres pour contrôler un territoire, comme en Irak il y a plus de vingt ans. Il a dit que l'objectif principal était d'empêcher Téhéran d'obtenir une arme nucléaire.
Hegseth a également annoncé que Nidal Hasan, auteur de la fusillade de 2009 à Fort Hood, serait exécuté par peloton d'exécution le 3 décembre, et que l'exécution serait diffusée en direct.
Discussions bloquées sur le détroit d'Ormuz
Pezeshkian a déclaré lundi que négocier avec Washington pour mettre fin à la guerre n'avait « aucun sens », qualifiant les États-Unis d'« ennemi qui pratique les assassinats, les sanctions, les pressions chaque jour, et ne tient pas ses engagements ». Vendredi, lors d'un sommet de la Communauté des États indépendants au Turkménistan, il a déclaré que le dialogue ne pouvait réussir que sur la base du respect mutuel et d'engagements réciproques, sans pression ni menace. Il a ajouté :
Une négociation menée sous la menace de la force n'est pas une négociation.
Il a également affirmé que les sanctions nuisaient au commerce, à l'énergie et à l'ordre régional. Les discussions ont connu plusieurs étapes : un cessez-le-feu en avril, un protocole d'entente en juin, et des échanges en marge de l'Assemblée générale de l'ONU en septembre. Des responsables des deux camps se sont rencontrés à New York fin septembre, avant que l'Iran ne propose de rouvrir le détroit d'Ormuz dans les sept jours en échange de la levée des sanctions économiques américaines. Trump a rejeté cette proposition mais a laissé la porte ouverte à des négociations indirectes, sans exclure une reprise des frappes.
Washington a également imposé de nouvelles sanctions au secteur aérien iranien. Les États-Unis n'ont pas frappé l'Iran depuis le 1er septembre, bien que des navires soient régulièrement visés dans le détroit d'Ormuz.
- Des frappes américaines et israéliennes contre l'Iran déclenchent la guerre
- Cessez-le-feu conclu
- Protocole d'entente signé
- Dernières frappes américaines contre l'Iran, aucune signalée depuis cette date
- Des responsables américains et iraniens se rencontrent à New York en marge de l'Assemblée générale de l'ONU
- Trump déclare qu'il n'y aura pas de frappes contre l'Iran avant les élections de mi-mandat
- Pezeshkian rejette les négociations sous la menace de la force
Opinion publique et prix des carburants
Environ 60 % des Américains désapprouvent la gestion par Trump de la situation en Iran, selon un récent sondage Reuters/Ipsos, dont un républicain sur quatre. Les électeurs citent le coût de la vie comme leur principale préoccupation, et la guerre a fait grimper les prix des carburants. Trump a déclaré qu'il s'attendait à une baisse des prix des carburants après les élections, sans expliquer comment. Les informations sur une campagne de frappes planifiée ont fait remonter les prix du brut, annulant une partie de l'accalmie qu'avait produite la pause.
