Lancement de la campagne à Dos Hermanas

Pedro Sánchez a ouvert samedi la pré-campagne du Parti socialiste (PSOE) lors d'un meeting à Dos Hermanas, une commune de l'aire métropolitaine de Séville qu'il avait déjà choisie pour lancer sa campagne de 2023. Selon les sources, environ 5 000 personnes ont assisté à l'événement à l'auditorium Los del Río. Les élections générales anticipées sont prévues le 29 novembre et le gouvernement de Sánchez ne dispose pas de la majorité dans la chambre. Sánchez s'exprimait aux côtés de María Jesús Montero, secrétaire générale adjointe du PSOE et à la tête de la fédération andalouse du parti, et de Francisco Rodríguez, maire de la commune.

Décrets sur le logement et l'expulsion à l'origine des manifestations

Sánchez a consacré une large part de son discours au logement. Il a déclaré que le prochain Parlement, avec une large majorité progressiste, « renforcera et maintiendra » les décrets-lois sur le logement qui protègent les petits propriétaires et les locataires contre la spéculation. Ces décrets ont été rejetés par le Parlement la semaine dernière, ainsi qu'un second texte sur le logement présenté par son gouvernement, et ce rejet l'a conduit à convoquer des élections anticipées. Sánchez a dit espérer que les mesures puissent être approuvées prochainement, avec quelques modifications, par une procédure spéciale au sein du Congrès des députés dissous.

La campagne s'est ouverte trois jours après la mort de Maricarmen Abascal, une retraitée de 87 ans dont l'expulsion de son domicile madrilène fin septembre avait suscité l'indignation et de grandes manifestations à l'origine de la crise politique. Selon les sources, elle est décédée à l'hôpital mercredi. Des campements d'activistes et de manifestants réclamant une meilleure protection des locataires subsistent dans plusieurs villes, notamment dans le centre de Madrid.

Maricarmen et tous ceux qui se mobilisent avec elle, ainsi que tous ceux qui se mobilisent pour la juste cause du logement, ont ouvert la voie.

— Pedro Sánchez

Réaction de l'opposition

Sánchez a accusé l'opposition de chercher à opposer les petits propriétaires aux locataires « pour que nous ne levions pas les yeux », une formule qu'il a employée pour désigner les grands détenteurs et les fonds vautours. Il a affirmé que le Partido Popular et Vox remettaient en cause le vote par correspondance et la naturalisation des descendants des exilés de la guerre civile. Sánchez a également rappelé que le décret qu'il avait approuvé après la dissolution des Cortes avait été rejeté par le Partido Popular, Junts et Vox.

Ils essaient de faire peur aux gens.

— Pedro Sánchez

Ambiance dans la salle

Les sources décrivent des avis partagés sur son bilan parmi le public, citant la hausse du coût de la vie et une série d'affaires judiciaires touchant son entourage, dont son épouse Begoña Gómez. Les sondages de pré-campagne ont été jugés peu favorables au parti au pouvoir par El Confidencial, même si l'ambiance au meeting était positive. Une vidéo du parti diffusée le même jour portait sur les insultes visant Sánchez et sur le rejet des doutes sur le vote par correspondance soulevés par Vox et une partie du PP.