La demande de renvoi contre Sempio

Les procureurs de Pavie ont déposé le 3 novembre 2026 une demande de renvoi en jugement d'Andrea Sempio, 38 ans, pour le meurtre de Chiara Poggi, 26 ans, à Garlasco le 13 août 2007. L'accusation retient que le crime a été commis avec cruauté, citant le nombre et l'étendue des blessures, dont au moins 12 lésions au crâne et au visage, et avec des motifs abjects liés à la haine après qu'elle a repoussé ses avances sexuelles. Le chef d'accusation reprend la clôture de l'enquête. Les enquêteurs s'appuient en partie sur une empreinte de main, baptisée impronta 33, relevée sur l'escalier de la cave de la villa de la via Pascoli, qu'ils attribuent au prévenu alors que la défense affirme qu'elle ne peut lui être attribuée. Un juge peut ordonner une expertise de cette empreinte, et l'ADN masculin retrouvé sous les ongles de la victime reste central dans les preuves.

Le juge et le dossier

Le dossier a été transmis le 4 novembre à Luigi Riganti, le juge de l'audience préliminaire qui décidera du renvoi ou non de Sempio, selon Adnkronos, qui cite La Provincia Pavese. Riganti, 64 ans, est né à Pavie et a exercé comme juge à Enna, Verceil et San Benedetto del Tronto avant de rejoindre le tribunal de Pavie en 2010. Il y a coordonné la section pénale puis est passé à la section des juges d'instruction. En février 2026, il a condamné Massimo Adriatici, ancien assesseur de la Ligue à Voghera, à 12 ans de prison pour l'homicide volontaire de Younes El Boussettaoui. Adnkronos rapporte aussi que Riganti devra décider s'il ordonne de nouvelles investigations sur la mort d'Andrea Rocchelli, le photojournaliste de Pavie tué en Ukraine.

La demande de révision de Stasi

Alberto Stasi purge une peine définitive de 16 ans pour le meurtre de Garlasco, et ses avocats préparent une demande de révision de cette condamnation. Antonio De Rensis, qui travaille sur l'affaire avec Giada Bocellari, a déclaré à Rete Quattro que le dépôt pourrait intervenir entre le 10 et le 20 novembre, sans se prononcer sur la durée de l'examen. Il a précisé que la demande de révision est indépendante de la demande de renvoi en jugement de Sempio. Le 4 novembre, sur Canale 5 dans Mattino Cinque, De Rensis a dit s'attendre à des éléments retentissants, la révision visant à démonter l'accusation qui a conduit Stasi en prison. Interrogé sur la révision dans cette émission, il a répondu :

Pour ce qui est de la révision, nous sommes dans les cinquante derniers mètres.

— Antonio De Rensis

Les arguments de la défense et la Cour constitutionnelle

Les avocats de Sempio, Angela Taccia et Liborio Cataliotti, étudient leurs premières initiatives avant une audience préliminaire qui ne devrait probablement pas s'ouvrir avant 2027. Leur principal geste procédural sera une demande de question de constitutionnalité devant la Consulta, faisant valoir qu'il est anormal de juger Sempio alors que Stasi, condamné définitivement, attend une révision pour le même crime. Sur Rai 1 dans Cinque Minuti, Me Taccia a averti que la progression parallèle des deux affaires pourrait produire des décisions contradictoires. Elle a indiqué que la défense en ferait sa première exception à l'audience. La famille Poggi ne se constituera pas partie civile au procès de Sempio, ont confirmé ses avocats à Fanpage, même si Marco Poggi a déclaré à Quarto Grado que la famille reste convaincue de la culpabilité de Stasi.

Un autre monstre juridique pourrait être créé, un gros problème de décisions contradictoires.

— Angela Taccia

D'autres enquêtes à Pavie

Les procureurs de Pavie reconstituent aussi des omissions et des erreurs du Ris, l'unité scientifique des carabiniers, remontant à près de vingt ans, qui selon l'ANSA pourraient avoir porté préjudice à Stasi. La liste comprend deux résultats ADN négatifs sur les pédales, datés du 20 septembre 2007, quatre jours avant la détention de Stasi, qui n'ont jamais été versés au dossier. Selon l'ANSA, une note du dossier original du Ris suggère que le capitaine Alberto Marino a dissimulé un test sanguin négatif sur ce profil génétique. Les enquêteurs examinent aussi un possible échange entre des prélèvements ADN effectués sur une cuillère de petit-déjeuner et sur les pédales. Un autre volet concerne une évaluation psychologique de Sempio non autorisée par la procureure de Vigevano, Rosa Muscio, et le nouveau dossier pèse des hypothèses de dissimulation et de faux, y compris sur des déclarations récentes d'anciens enquêteurs.

La suite

Selon l'ANSA, si la demande de révision de Stasi est déposée à la mi-novembre, la cour d'appel de Brescia pourrait être appelée à statuer sur sa recevabilité en trois ou quatre mois, ce qui permettrait un premier verdict au début de 2027. Le procureur général de Brescia, Guido Rispoli, arrivé en 2020, a été désigné par le CSM comme procureur de Vérone et devrait quitter Brescia au début de 2027, probablement après l'audience solennelle de rentrée de janvier. Domenico Chiaro, actuellement avocat général, devrait assurer l'intérim jusqu'à une nouvelle nomination, et le dossier Stasi pourrait donc atterrir sur son bureau. L'audience préliminaire de Sempio ne devrait débuter qu'en 2027.

Les dates clés de l'affaire de Garlasco
  1. Meurtre de Chiara Poggi à Garlasco, le crime au cœur des deux procédures
  2. Deux résultats ADN négatifs sur les pédales, quatre jours avant la détention de Stasi, non versés au dossier selon l'ANSA
  3. Les procureurs de Pavie déposent la demande de renvoi en jugement de Sempio
  4. Le dossier de l'affaire Sempio est transmis au juge Luigi Riganti
  5. Dépôt attendu de la demande de révision de Stasi, selon ses avocats
  6. Première décision possible sur la recevabilité de la demande de révision, si elle est déposée à la mi-novembre