La police a annoncé samedi 31 octobre 60 perquisitions dans 23 villes italiennes. Elles visent des personnes accusées d'avoir incité à des émeutes sur les réseaux sociaux. Elles font suite aux derniers troubles de Milan et de Rome, après les émeutes de Milan et d'autres villes à la mi-octobre.

Un décret aux peines alourdies

Dans la semaine du 19 octobre, le conseil des ministres italien a approuvé un décret qui alourdit les peines contre les manifestants violents et crée une nouvelle infraction pour la participation à des manifestations violentes. Toute personne qui met en danger la sécurité publique au sein d'un groupe d'au moins cinq personnes lors d'une manifestation encourt jusqu'à cinq ans de prison et une amende pouvant atteindre 20 000 euros. Des peines plus lourdes s'appliquent également lorsque les manifestants se dissimulent le visage ou lorsque des personnes sont blessées. Les parents seraient financièrement responsables des dommages causés par leurs enfants, et les autorités peuvent ordonner une indemnisation rapide des dégâts causés. Le texte a été adopté en réponse aux désordres de la mi-octobre.

Les manifestations de jeunes de retour pour un troisième week-end

Des manifestations ont eu lieu dans toute l'Italie vendredi 30 octobre, rassemblant principalement des jeunes à Turin, Milan, Bologne, Florence et Naples. Les manifestants ont protesté contre le gouvernement, le coût élevé de la vie et les guerres, et ont réclamé des salaires plus élevés et de meilleurs services publics. Les premières estimations situent la participation nationale au-dessus de 100 000 personnes. C'est le troisième week-end consécutif que les jeunes descendent dans la rue, et le nombre de manifestants a augmenté à chaque fois.

La première vague, le week-end des 17 et 18 octobre, a été marquée par des pillages et des affrontements violents en marge de marches par ailleurs pacifiques. En revanche, les manifestations de jeunes du week-end des 24 et 25 octobre se sont déroulées largement sans violence. Les participants de vendredi espéraient que l'attention reviendrait à leurs revendications plutôt qu'à un petit groupe de fauteurs de troubles violents.

La vague de manifestations en Italie et la réponse du gouvernement, octobre 2026
  1. Première vague de manifestations : pillages et affrontements violents en marge de marches pacifiques lors du week-end des 17 et 18 octobre
  2. Le conseil des ministres approuve un décret alourdissant les peines contre les manifestants violents et instaurant la responsabilité des parents
  3. Manifestations de jeunes dans tout le pays ; les premières estimations situent la participation au-dessus de 100 000 personnes
  4. La police annonce 60 perquisitions dans 23 villes visant des personnes accusées d'avoir incité à des émeutes en ligne

Salaires, grève et vague plus large

Les manifestations s'inscrivent dans une vague qui a aussi atteint d'autres pays européens. Des manifestations de jeunes allemands sont prévues samedi dans de nombreuses villes, sous le mot d'ordre « Gen Z regelt ». Les protestations mêlent des griefs sur le coût de la vie, les dépenses militaires et la stagnation des salaires. Une comparaison de l'OCDE montre qu'en 2025 les salaires réels italiens étaient inférieurs à ceux de 1997, et aucun autre pays de l'UE n'a connu une évolution aussi faible des salaires réels sur 30 ans.

Croissance des salaires réels citée dans la comparaison de l'OCDE (France depuis 1995) (%)
France27,5Allemagne23,7

Les salaires réels ont augmenté de 27,5 % en France depuis 1995 et de 23,7 % en Allemagne, des chiffres qui soulignent l'écart que dénoncent les manifestants italiens. Par ailleurs, le syndicat USB avait appelé à une grève générale contre le prix élevé de l'énergie, qui aurait pu paralyser une grande partie du système de transport italien. Le ministre des Transports Matteo Salvini a bloqué la grève à la dernière minute par arrêté.