Sissi promet un soutien défensif
Le président égyptien Abdel Fattah el-Sissi a déclaré samedi 17 octobre que l'Égypte prendrait toute mesure nécessaire pour protéger l'Arabie saoudite. Il s'exprimait lors d'une cérémonie de remise de diplômes à l'Académie militaire égyptienne, dans la nouvelle capitale, à environ 45 kilomètres à l'est du Caire. Sissi a présenté cet engagement comme purement défensif et a rejeté toute suggestion selon laquelle l'Égypte aurait l'intention de combattre ou d'attaquer un autre État. Cette promesse reprend la position qu'il avait exprimée jeudi 15 octobre, lorsqu'il avait qualifié l'Égypte et l'Arabie saoudite de cœur des nations arabes et islamiques et averti que tout dommage causé à l'une affecterait l'autre. Il avait également affirmé que la sécurité nationale de l'Égypte, de l'Arabie saoudite et des États du Golfe est interdépendante, et que Le Caire n'accepterait pas les menaces contre la sécurité des frontières saoudiennes.
Dans le même discours, il a formulé ce point sans détour :
Je ne parle pas pour que nous combattions qui que ce soit ou attaquions qui que ce soit. Je parle uniquement pour la défense.
Demande d'autorisation parlementaire
Sissi a demandé au Parlement de tenir une session extraordinaire pour autoriser ces mesures, qui ne seraient mises en œuvre que si Riyad en fait la demande officielle. Il a déclaré que cette action nécessite l'approbation du Parlement égyptien et a clairement fait savoir qu'il souhaitait que les parlementaires agissent rapidement. Il a affirmé que :
Je sais que cette affaire nécessite l'approbation du Parlement égyptien
Il a lié toute action éventuelle aux directives du roi Salmane et du prince héritier Mohammed ben Salmane, selon le compte rendu de ses propos par Al Jazeera. Il a également remercié les États du Golfe pour leur soutien au Caire après 2013, comme l'a rapporté l'AGI. La demande de Sissi repose donc sur une requête officielle saoudienne, qui n'a pas encore été formulée dans les informations disponibles.
Attaques houthies et sécurité en mer Rouge
Cette demande fait suite à une série d'attaques houthies contre l'Arabie saoudite, menées par le groupe soutenu par l'Iran et basé au Yémen. Les attaques contre l'aéroport international King Khalid à Riyad début octobre 2026 ont tué 14 personnes et blessé plus de 300 autres. D'autres aéroports, notamment ceux de Dammam, Abha, Jazan et Najran, ont également été visés. Les frappes houthies ont principalement touché des infrastructures clés en périphérie de Riyad, bien qu'elles semblent se rapprocher du centre-ville. En octobre, le gouvernement yéménite reconnu internationalement et soutenu par l'Arabie saoudite a lancé une campagne militaire d'envergure pour reprendre le territoire saisi par les Houthis. Quelques jours avant une réunion au Caire en septembre 2026 entre Sissi et le prince héritier Mohammed ben Salmane, les Houthis s'étaient emparés de la côte yéménite de la mer Rouge, ce qui leur confère une influence considérable sur Bab al-Mandeb, l'entrée sud du canal de Suez. Après cette réunion, la présidence égyptienne a déclaré que la sécurité saoudienne et celle du Golfe font partie de la sécurité nationale égyptienne. L'Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie sont liés par l'Alliance de défense de La Mecque, signée en août, et plus tôt ce mois-ci, les trois gouvernements ont convenu d'activer des mesures de dissuasion dans le cadre de ce pacte.
- Sissi rencontre le prince héritier Mohammed ben Salmane au Caire
- Les attaques houthies contre l'aéroport de Riyad tuent 14 personnes et en blessent plus de 300
- Sissi qualifie l'Égypte et l'Arabie saoudite de cœur des nations arabes et islamiques
- Sissi demande au Parlement une session extraordinaire pour autoriser la défense de l'Arabie saoudite
Succession et constitution
Sissi a également évoqué son avenir politique lors de la cérémonie. Il a déclaré que son mandat actuel se termine en 2030 et a rejeté toute révision de la constitution qui lui permettrait de rester au pouvoir. Selon lui, laisser la constitution intacte est la bonne voie et la question est close. Il a affirmé qu'il ne quitterait pas l'État tant qu'il ne serait pas rempli de personnes compétentes, et il a exhorté les cadres militaires à se préparer à diriger le pays. Il a rejeté les affirmations selon lesquelles il préparerait un proche à lui succéder.