Un nouveau relevé après trois ans
Des géomètres de la chambre des géomètres-experts de Haute-Savoie ont mesuré le mont Blanc en septembre 2026 et fixent son sommet à 4 807,47 mètres. Ce chiffre dépasse de 1,88 mètre la mesure de 2023 : le plus haut sommet de France a donc gagné près de deux mètres en trois ans. Les résultats ont été présentés mercredi 14 octobre lors d'une conférence de presse à Saint-Gervais, la commune française où se trouve le sommet. Les derniers travaux de terrain sont datés du 17 septembre, selon les comptes rendus.
- Les géomètres de Haute-Savoie lancent des campagnes de mesure régulières
- Le sommet enregistré à 4 807,81 mètres
- Le sommet enregistré à 4 805,59 mètres
- Les derniers travaux de terrain donnent 4 807,47 mètres
Ce que mesure ce chiffre
Le sommet est un piton rocheux d'environ 4 792 mètres, et la hauteur annoncée inclut une couche de neige et de glace qui le recouvre. Cette couche varie d'une année à l'autre, selon le vent, les chutes de neige, l'ensoleillement et la météo des mois précédant chaque campagne. Les géomètres effectuent des relevés depuis 2001 et les publient tous les deux à trois ans. Jean des Garets, président de la chambre des géomètres-experts de Haute-Savoie, a déclaré lors de la conférence de presse que le sommet est en mouvement permanent.
Le sommet bouge constamment.
Il a souligné qu'un relevé isolé signifie peu en lui-même. L'intérêt réside dans une longue série de données analysables dans le temps, raison pour laquelle les géomètres répètent ce travail.
Chaque mesure prise isolément n'est pas significative en soi.
Relevés antérieurs et arrondi
Les campagnes menées entre 2000 et 2010 avaient donné des chiffres proches de 4 810 mètres. Le sommet a été enregistré à 4 807,81 mètres en 2021, puis à 4 805,59 mètres en 2023 : le piton a donc reculé comme avancé au fil des relevés. Les campagnes ont débuté en 2001, année où le sommet avait été mesuré à 4 810,40 mètres.
La culture populaire et les stylos vendus sous ce nom arrondissent toujours l'altitude à 4 810 mètres. Jean des Garets a défendu cette pratique, rappelant que les relevés varient de plusieurs mètres d'une année sur l'autre, si bien qu'un arrondi à la dizaine est « tout à fait raisonnable ». Le dernier chiffre est proche de la valeur obtenue par les cousins Vallot à la fin du XIXe siècle, ont noté les géomètres.
Ce que voient les glaciologues
Luc Moreau, glaciologue présent à la conférence de presse, a indiqué que le sommet n'avait jusqu'ici que peu changé sous l'effet du réchauffement. Il s'est félicité de la série de mesures, qui selon lui permettra aux scientifiques de continuer à observer l'évolution future du sommet enneigé.
Il fait encore froid ; le climat ne l'a pas encore beaucoup modifié.
Les géomètres ont également averti que la couche neigeuse répond à de nombreux facteurs simultanés, notamment l'accumulation, les précipitations, le vent, la redistribution de la neige, les températures et l'ensoleillement : aucun relevé isolé ne doit donc être interprété comme une tendance. L'équipe de Haute-Savoie prévoit de continuer à publier ses résultats tous les deux à trois ans.
