Le Japon et la Chine confirment le phénomène
L'Agence météorologique japonaise a annoncé vendredi 9 octobre que l'El Niño s'était renforcé jusqu'à son niveau le plus élevé jamais enregistré depuis septembre, et estime à 100 % la probabilité que ces conditions se poursuivent jusqu'à l'hiver boréal. L'anomalie de température de surface de la mer dans la zone de surveillance de l'El Niño a atteint +4,0 °C en septembre, la plus élevée depuis le début des relevés en 1949. L'agence situe le précédent record à +3,6 °C, établi en décembre 1997. Le Centre national du climat chinois a indiqué de son côté que le super El Niño s'était officiellement formé en septembre, après que le réchauffement rapide de l'océan Pacifique de mai à septembre a rempli les critères de cet événement climatique extrême. Les deux annonces ont été faites le même jour, le 9 octobre.
Les prévisions de l'OMM pour l'hiver
L'Organisation météorologique mondiale (OMM) s'attend à ce que l'El Niño continue de se renforcer avant d'atteindre son pic en décembre, avec une probabilité proche de 100 % qu'il persiste jusqu'en février 2027. Sa prévision pour octobre à décembre situe l'anomalie saisonnière de température de surface de la mer à environ +3,7 °C, au-dessus du précédent record de l'OMM de +2,6 °C enregistré entre novembre 2015 et janvier 2016. L'indice Niño 3.4, qui suit le Pacifique équatorial central et oriental, est passé d'une moyenne de +1,6 °C au-dessus de la normale en juin 2026, le mois où le service météorologique américain a annoncé le retour du phénomène, à +2,5 °C en août. L'OMM précise que ses prévisions résultent d'un consensus de 13 centres nationaux et internationaux, de Washington à Tokyo, Londres et Pune, qui échangent des données en temps réel provenant de bouées océaniques, de satellites et de radiosondes. La secrétaire générale de l'OMM, Celeste Saulo, a déclaré que l'événement pourrait être l'un des plus intenses depuis au moins 1950. Elle avait expliqué le mécanisme deux jours plus tôt au Forum mondial de la chaleur à Bangkok.
Chaleur, pluies et risques sanitaires
L'OMM s'attend à des températures supérieures à la moyenne sur une grande partie de la planète dans les prochains mois, ainsi qu'à des modifications des régimes de précipitations qui augmentent le risque de sécheresses et d'inondations dans plusieurs régions. À Bangkok, Celeste Saulo a expliqué l'origine de la chaleur supplémentaire :
El Niño n'ajoute pas de chaleur à la planète, mais libère la chaleur que l'océan a déjà stockée sous la surface.
Celeste Saulo a ajouté que l'océan qui fournit cette chaleur est le plus chaud jamais mesuré, ce qui explique qu'un épisode fort coïncide souvent avec l'une des années les plus chaudes jamais enregistrées, comme en 2024. Le phénomène bouleverse déjà la météo en Amérique du Sud et en Asie, avec des perturbations économiques qui pourraient se prolonger bien après sa dissipation. En septembre, des chercheurs du Climate Impact Lab de l'université de Chicago ont estimé que ce super El Niño pourrait causer jusqu'à 451 000 décès dans le monde entre juin 2026 et février 2027.
La suite
L'El Niño revient tous les deux à sept ans et dure généralement de neuf à douze mois ; l'épisode actuel devrait donc se poursuivre au-delà de l'hiver. La prochaine étape de la prévision est le pic de décembre, l'OMM s'attendant à ce que les températures de surface de la mer dans le Pacifique tropical central et oriental atteignent des niveaux record en octobre, novembre et décembre.
- Début du réchauffement rapide du Pacifique, qui se poursuit jusqu'en septembre
- Le service météorologique américain annonce le retour du phénomène
- L'indice Niño 3.4 atteint +2,5 °C au-dessus de la normale, contre +1,6 °C en juin
- Le Japon enregistre une anomalie de +4,0 °C et le centre chinois annonce la formation du phénomène
- L'OMM attend le pic, avec une anomalie d'environ +3,7 °C pour octobre à décembre
- L'OMM estime à près de 100 % la probabilité que ces conditions persistent
Après le pic, l'OMM estime à près de 100 % la probabilité que ces conditions persistent jusqu'en février 2027, et l'agence japonaise s'attend à ce qu'elles se maintiennent pendant l'hiver boréal. L'estimation de 451 000 décès porte sur une période encore en cours : elle reste une projection et non un bilan.