L'incendie de la station Starlink

Le soir du 23 septembre 2026, un incendie s'est déclaré dans une station terrestre Starlink à Wola Krobowska, dans le comté de Grójec, en Mazovie. Le site est exploité par Exatel et achemine le trafic internet transitant par la Pologne, y compris celui à destination de l'Ukraine, selon la presse polonaise. Rzeczpospolita rapporte que des images de vidéosurveillance montrent deux hommes escaladant une clôture à 20 h 57, versant un accélérant sur une armoire de commande et y mettant le feu. Bild, cité par Deutsche Welle, a rapporté que la station avait brièvement cessé de fonctionner avant de revenir en ligne, et qu'aucun blessé n'était à déplorer. Le 25 septembre, deux jours après l'incendie, un procureur de la branche mazovienne du Parquet national polonais a ouvert une enquête pour sabotage et infraction de type terroriste commise pour le compte d'un service de renseignement étranger.

Arrestations en Allemagne

Le lundi 12 octobre, la police allemande a interpellé deux ressortissants turcs à la gare de Nürtingen, près de Stuttgart. Le parquet de Stuttgart a indiqué que la Pologne accuse le duo d'avoir commis l'incendie criminel contre un terminal internet par satellite le 23 septembre pour le compte d'un service secret étranger. Le mardi 13 octobre, un juge d'instruction du tribunal d'instance de Nürtingen a examiné les mandats d'arrêt européens émis par la Pologne et ordonné le placement en détention provisoire des deux hommes dans l'attente de la décision sur l'extradition. Le ministre de l'Intérieur du Bade-Wurtemberg, Manuel Hagel, a confirmé les arrestations et indiqué que trois appartements avaient été perquisitionnés, dont deux dans le Bade-Wurtemberg. Il a également confirmé qu'un témoin avait été identifié sur les lieux de l'arrestation, une femme dont l'identité a été relevée et qui pourrait avoir soutenu les auteurs.

Les arrestations se sont élargies le 13 octobre. RMF FM, citant des sources anonymes, a rapporté qu'une femme et un homme avaient également été interpellés, portant le total à quatre. Les informations divergent sur le lieu où la femme a été conduite, la Schwäbische Zeitung mentionnant Karlsruhe tandis que Le Soir et la Frankfurter Allgemeine situent une arrestation à Berlin. Selon RMF FM, la femme aurait dû conduire les deux hommes de la région de Łódź vers la Mazovie, et le rôle de l'homme est encore à l'étude. Une Mini Clubman immatriculée en Allemagne, conduite selon les informations par une femme turque, a transporté les hommes lors de leur trajet vers la Pologne.

Accusations polonaises et traitement policier

Rzeczpospolita rapporte que la police polonaise a détenu les deux hommes le 24 septembre avant de les relâcher malgré des doutes sur leurs passeports. Le même média rapporte que les enquêteurs polonais estiment que le duo a agi sur ordre du renseignement russe. L'un des hommes a laissé une empreinte digitale sur les lieux, et un téléphone portable porté par l'un d'eux s'est connecté à des stations de base voisines, ce qui a aidé les enquêteurs à reconstituer l'itinéraire vers la Pologne et le retour vers l'Allemagne. Lors d'une conférence de presse lundi, le chef de la police polonaise Marek Boroń a décrit le statut des suspects en Allemagne.

L'un des auteurs réside en Allemagne, et l'autre, un Turc, avait reçu l'ordre de quitter l'Allemagne.

— Marek Boroń

Le Premier ministre Donald Tusk a annoncé les arrestations des deux citoyens turcs le 12 octobre. Le 13 octobre, il a déclaré que des preuves indiquaient que l'attaque avait été commanditée par le renseignement russe et a écrit sur X que les saboteurs présumés devraient répondre devant la justice polonaise.

Réactions de Berlin

M. Hagel a saisi l'affaire pour appeler à une réforme des services de sécurité allemands, affirmant qu'il était temps de sortir d'un « Dornröschenschlaf », un profond sommeil, et que des États étrangers attaquaient de plus en plus. Il n'a pas précisé les conséquences juridiques d'une telle réforme, ni les liens possibles avec la Russie ou la criminalité organisée à ce stade précoce.

Nous sommes à un stade très précoce de l'enquête.

— Manuel Hagel

Lors du Forum de sécurité de Varsovie, le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul a appelé à une coopération européenne renforcée contre de telles attaques. Il a déclaré que les attaques ne se produisaient pas seulement en Ukraine mais partout en Europe, selon la dpa. Plus tôt dans la journée, il s'était entretenu avec son homologue polonais Radosław Sikorski.

Nous sommes dans le collimateur de la Russie.

— Johann Wadephul

Ce qui suit

La décision d'extradition incombe désormais aux tribunaux, et l'Oberlandesgericht reprendrait l'affaire si une procédure d'extradition était engagée. La police polonaise et le parquet national n'ont pas répondu immédiatement aux questions de l'AFP. La station est restée opérationnelle après l'incendie, selon Le Soir, et elle constitue l'un des maillons acheminant le trafic internet via la Pologne vers l'Ukraine.

Dates clés de l'affaire de l'incendie de la station Starlink
  1. Des images de vidéosurveillance montrent deux hommes escaladant une clôture et mettant le feu à une armoire de commande à la station de Wola Krobowska
  2. La police polonaise détient les deux hommes, puis les relâche malgré des doutes sur leurs passeports, selon Rzeczpospolita
  3. Le parquet de Mazovie ouvre une enquête pour sabotage deux jours après l'incendie
  4. La police allemande interpelle deux ressortissants turcs à la gare de Nürtingen
  5. Le tribunal de Nürtingen ordonne le placement en détention provisoire des deux hommes ; RMF FM rapporte deux suspects supplémentaires interpellés