Les manifestations s'étendent à plusieurs villes italiennes

Samedi 24 octobre, des milliers de personnes ont manifesté à Rome, Milan, Turin, Naples, Bari et Palerme, selon Europa Press, lors du deuxième week-end consécutif de mobilisation. Les rassemblements ont été convoqués par le mouvement dit Movimento 17 Ottobre. Europa Press rapporte que Youssef Siher, un Italien issu de la deuxième génération, a été désigné comme le dirigeant de ce mouvement. Des affrontements ont éclaté dans plusieurs villes, Turin et Rome constituant les principaux points de tension.

Turin et Rome concentrent les affrontements

À Turin, le cortège s'est élancé de la piazza Castello dans l'après-midi et a gagné la périphérie nord avant d'atteindre le corso Principe Oddone, où un cordon policier bloquait la route vers Porta Susa. Les manifestants, que l'ANSA décrit comme majoritairement de jeunes gens encagoulés, ont lancé des pierres, des bouteilles et des pétards, et les forces de l'ordre ont répliqué avec des canons à eau et des gaz lacrymogènes. Les groupes qui tentaient de progresser vers le centre par le corso Vigevano et la piazza Baldissera ont été repoussés vers le nord. Plus tard dans la soirée, des manifestants ont tenté de rejoindre la via Pietro Micca et la via Garibaldi, se sont heurtés à des barrages, et certains ont atteint la place de la cathédrale avant une charge de police. Les policiers ont retenu certains manifestants pour des contrôles, et ont également intercepté la camionnette utilisée par les organisateurs.

À Rome, une manifestation non autorisée près du largo Santa Susanna, à proximité de la gare Termini, s'est heurtée à un cordon policier. Les manifestants ont lancé des bouteilles, tiré des pétards et arraché des panneaux de signalisation, et la police a répondu par des canons à eau et des gaz lacrymogènes avant de charger pour disperser la foule. Europa Press fait également état de tensions près du Colisée, tandis qu'une marche placée sous le slogan « L'Italie hors de la guerre », organisée par l'Eje Antiimperialista, s'est achevée sans incident.

Bologne et Milan

À Bologne, des barricades ont été dressées via Riva di Reno, où deux bennes à ordures ont été incendiées et où les pompiers ont éteint les flammes à l'angle de la via delle Lame. Un groupe de jeunes encagoulés a également saccagé un distributeur automatique de cigarettes, et environ 300 manifestants ont fait face à la police tandis que les commerçants baissaient leur rideau de fer et que certains se calfeutraient à l'intérieur. À Milan, une centaine de manifestants, pour l'essentiel pacifiques, parmi lesquels des jeunes et des étudiants, ont entamé une marche spontanée depuis Cairoli, que la police a bloquée près du Piccolo Teatro.

Interpellations et identifications

Europa Press rapporte que plus de 200 personnes ont été identifiées dans la capitale, et que 63 ont été interpellées et conduites dans un commissariat pour détention de matériel correspondant aux consignes opérationnelles de la police. À Turin, 302 personnes ont été identifiées, dont 57 avec un casier judiciaire, et six personnes sont accusées de port d'objets pouvant servir à frapper ou de fausses déclarations.

Personnes identifiées lors des manifestations à Turin, 24 octobre (personnes)
Identifiées302Avec casier judiciaire57

Réactions politiques

Davide Nicco, président du conseil régional du Piémont, a condamné les scènes de Turin, évoquant des pierres, des bâtons et des bouteilles lancés sur les agents, des policiers et des gardes financiers encerclés, ainsi que des charges et des blessés. Il a déclaré :

Ce sont des comportements violents, pas des expressions de dissentiment.

— Davide Nicco

Davide Nicco a estimé que quiconque descend dans la rue pour attaquer ou provoquer des agents enfreint la loi et doit en répondre. Il a ajouté :

Ceux qui attaquent doivent être condamnés, pas justifiés.

— Davide Nicco

Il a également estimé que les responsables publics doivent le dire clairement, et a exprimé sa pleine solidarité avec les agents qui portent l'uniforme chaque jour.